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Vendredi 29 septembre 2017 (rezomontreal.ca).- En réaction à la présentation par la ministre du Patrimoine canadien, l’honorable Mélanie Joly, de la vision du gouvernement pour un Canada créatif, l’Union des artistes (UDA) se félicite de l’importance que le gouvernement fédéral accorde à la culture, à l’exception culturelle et à la rémunération équitable des artistes, ainsi que de l’injection d’argent neuf pour le Fonds des médias du Canada, tout en soulevant plusieurs questions, notamment en ce qui concerne l’entente conclue avec Netflix.




Sophie Prégent, présidente de l’UDA, déclare : « On sent que la culture est une priorité et que les intervenants cherchent des solutions innovantes pour répondre à la transformation causée par le numérique tout en maintenant le financement de la production. En soi, c’est une approche constructive. L’annonce de plusieurs chantiers législatifs nous donnera l’occasion de regarder plus en profondeur certaines questions notamment les droits d’auteurs, la mission du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) et celle de Radio-Canada.

Toutefois, le silence relatif sur le secteur de la musique nous interpelle, alors que les enjeux sont aussi importants que dans celui de l’audiovisuel. »

L’entente avec Netflix ne règle pas la question de fond

Revenant sur la création annoncée de Netflix Canada qui attire particulièrement l’attention, elle ajoute : « Une vision culturelle ne se mesure pas sur cinq ans. On ne peut pas appuyer l’avenir et la pérennité d’un secteur aussi névralgique sur la base de négociations à la pièce avec les acteurs du moment, créant un système à géométrie variable, flou et inéquitable. Qu’est-ce qu’on fait avec Amazon, YouTube, ou avec Deezer, Spotify, iTunes et les autres ? La conclusion d’une entente à plusieurs zéros avec Netflix peut sembler spectaculaire, mais en quoi cela devrait-il les dédouaner de respecter les règles que l’on impose pour protéger notre exception culturelle et la vitalité de notre création ? On crée un précédent dont on ne mesure pas les impacts à long terme. »




« Nous sommes ravis si Netflix choisit d’imiter les nombreux producteurs internationaux qui viennent au Canada pour réaliser leurs productions où l’on a une expertise, des artistes et des artisans de talent. Mais cela ne les dédouane pas des responsabilités imposées aux diffuseurs de contenus pour respecter la protection de notre culture distincte, ainsi que le financement de notre création. Nous allons donc surveiller très attentivement la façon dont cette annonce va se concrétiser, les avantages qui seront offerts à Netflix en tant que producteur et en tant que diffuseur de façon générale, et les actions concrètes vis-à-vis des contenus francophones en particulier, qu’il s’agisse de productions originales en français ou du doublage des œuvres produites en anglais, ici et ailleurs dans le monde. »

Rappelons que, dans le cadre des consultations de Patrimoine canadien sur « Les contenus canadiens dans un monde numérique », l’UDA a déposé le mémoire « Replacer l’artiste au cœur de l’écosystème culturel numérique », qui identifie plusieurs pistes d’actions concrètes qui sont toujours d’actualité.

 

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