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Jeudi 7 septembre 2017.- Contrairement à la croyance populaire, le système scolaire québécois est le plus inégalitaire au Canada. C’est ce que révèle la dernière note de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS), qui calcule que près de 40 % des élèves inscrits au secondaire étudient en dehors du système public régulier.




« Déjà en 2001-2002, 28 % des élèves inscrits au secondaire allaient soit à l’école privée, soit dans un programme particulier. Treize ans plus tard, c’est près de quatre élèves sur dix qui sont dans cette situation. Avec la concentration des écoles privées dans certaines régions, il n’est pas impossible que pour une région comme Montréal, ce ratio dépasse déjà 50 % », estime Philippe Hurteau, chercheur à l’IRIS et co-auteur de la note.

« On pourrait croire que ces ratios démontrent une démocratisation de l’école privée et des programmes particuliers, permettant justement aux élèves moins fortunés d’avoir accès à une éducation dite supérieure. Or, ce système à deux vitesses ne fait que produire et reproduire des inégalités.

En effet, 72 % des élèves qui fréquentent une école privée proviennent d’un milieu favorisé (revenu familial de 100 000 $ et plus) tandis que les élèves qui proviennent de familles à faible revenu (revenu familial de moins de 50 000 $ par année) ne représentent que 7 % de l’effectif. De plus, les écoles offrant des programmes particuliers sont sous-représentées dans les secteurs défavorisés.

Selon l’indice de milieu socioéconomique (IMSE), seulement 16 % des écoles ayant un IMSE faible offrent de tels programmes. On assiste donc à une homogénéisation des classes et a un effet de ségrégation scolaire », note Anne-Marie Duclos, chercheure-associée à l’IRIS et également co-auteure de la note.




« Non seulement notre système est élitiste, mais ces pratiques n’ont même pas le mérite de se défendre académiquement. Alors que la « part de marché » de l’école privée au secondaire est passée de 16,8 % à 21 % en 13 ans, le taux de réussite chez les jeunes a diminué légèrement dans le secteur privé en passant de 98,1 % à 96,2 % entre 2011 et 2015, et a chuté de 91,8 % à 83,6 % pour les jeunes inscrits au public, soit une baisse significative de 8,2 points.

Bref, de mettre les enfants privilégiés et doués dans les mêmes classes d’une part n’améliore par leur performance, mais les retirer de l’école commune nuit aux autres », conclut Philippe Hurteau.

 

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