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Vendredi 20 octobre 2017 (rezomontreal.ca).- Le Québec fait bien piètre figure en ce qui a trait à l’offre de services à domicile et doit renverser la tendance en se dotant d’une « armée » offrant soins et soutien à la maison. C’est ce que montre la dernière note de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS), dévoilée ce vendredi.




« On estime les besoins totaux en services à plus de 300 millions d’heures et ce chiffre croît rapidement. Si, comment l’indiquent les tendances, l’État n’offre que 25 millions d’heures de services en 2021-2022, le réseau sociosanitaire ne comblera que 6,6% des besoins. Au rythme où l’on va actuellement, ça nous prendra 92 ans avant qu’on puisse combler les besoins de façon satisfaisante au Québec en matière de services à domicile! », affirme Guillaume Hébert, chercheur à l’IRIS et auteur de la note.

« Ces manques à gagner ont des conséquences concrètes. Il reste approximativement 100 000 personnes ayant des incapacités modérées ou sévères qui ne reçoivent aucun service public – ou privé financé par le public – de soins longue durée. Ce chiffre pourrait atteindre 115 000 personnes en 2021-2022. Ces responsabilités sont ainsi assumées par les proches aidant·e·s, que l’on chiffre à environ un million de personnes au Québec. Environ le tiers de celles-ci affirment vivre avec des problèmes professionnels liés à leur rôle de soutien », explique le chercheur.

« Combler les besoins de façon satisfaisante en matière de soins et de services à domicile coûterait environ 4 milliards $. Cet investissement permettrait de créer une véritable armée de travailleuses bien rémunérées qui viendraient offrir des soins et du soutien de qualité aux personnes vivant chez elles avec des incapacités modérées et sévères.




Si ce montant peut paraître prohibitif, il nous coûtera en fait encore plus cher de ne rien faire, car en n’apportant pas le soutien adéquat au bon moment, les personnes développent des problèmes de santé plus graves qui se traitent moins facilement, et se retrouvent plus souvent à l’hôpital alors que cela aurait pu être évité », conclut Guillaume Hébert.

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