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Dimanche 30 septembre 2018 ((rezomontreal.ca).- En prévision des élections du 1er octobre, l’Association des véhicules électriques du Québec (AVÉQ) a fait parvenir une lettre aux chefs des quatre principaux partis politiques provinciaux afin de connaître leur stratégie concernant l’électrification des transports.




Les lettres ont été envoyées à Philippe Couillard, chef du Parti Libéral du Québec (PLQ), à François Legault, chef de la Coalition Avenir Québec (CAQ), à Jean-François Lisée, chef du Parti Québécois (PQ) ainsi qu’à Manon Massé, porte-parole de Québec Solidaire (QS).

Le Parti Libéral et le Parti Québécois présentent des mesures soutenant ou améliorant l’électrification des transports et le développement de la filière de l’électromobilité dans la province afin de créer des emplois bien rémunérés. Ces partis mettent à profit leur expérience à élaborer des politiques environnementales crédibles et concrètes.

Le Parti Libéral propose de poursuivre les objectifs mis en place avec la norme Véhicule Zéro Émission (VZÉ), inspirée de la Californie; d’avoir 100 000 véhicules électriques (VÉ) sur les routes du Québec en 2020; de bonifier les rabais pour l’achat des véhicules électriques de 1,000$ (portant le rabais à un maximum de 9,000$); de bonifier la subvention de 600$ à 800$ pour l’installation d’une borne de recharge à domicile; de reconduire le programme d’achat des VÉs usagés; et d’assurer que tous les fonds seront disponibles au moins jusqu’en 2022. C’est une excellente nouvelle pour l’électromobilité. Les Libéraux s’engagent à installer 1,600 bornes de recharge rapide au Québec d’ici 10 ans tel que prévu dans la loi 184. Ils s’engagent également à augmenter à 1,000 VÉs la flotte gouvernementale d’ici 2020.

De son côté, le Parti Québécois propose un renforcement des règles de la norme VZÉ pour forcer les manufacturiers automobiles à vendre davantage de véhicules électriques au Québec. Ce renforcement de la norme VZÉ est louable compte tenu du manque de véhicules électriques disponibles chez les concessionnaires avec des temps d’attente de plus de 12 mois pour certains modèles. En ce qui concerne les programmes d’achat de véhicules électriques, le PQ s’engage à poursuivre activement les rabais pour l’achat d’un véhicule neuf et d’un véhicule usagé. Il s’engage de même à accélérer le déploiement des bornes de recharge rapide avec l’objectif d’avoir 2,000 bornes rapides d’ici 2020. De plus, le PQ a présenté des mesures qui sont favorables à l’électrification des transports et au développement de la filière de l’électromobilité au Québec. Le programme du PQ est sensiblement plus ambitieux que celui du PLQ.




Du côté de la Coalition Avenir Québec, nous trouvons décevant la position du chef, M. François Legault, dont les propos ambigus diffèrent de la position officielle de son parti. Leur ouverture à l’exploration pétrolière et gazière nous inquiète également au niveau du bilan environnemental de la province.

La CAQ n’a pas répondu au questionnaire, mais nous a fait parvenir une lettre de deux pages le 25 septembre (10 jours après la date limite) où plusieurs questions ont été laissées de côté. Dans ce document, la CAQ s’engage à maintenir les subventions pour l’achat de voitures électriques, mais il y existe néanmoins un certain flou quant aux actions qui seront amenées. D’ailleurs, lorsque questionné sur le maintien des rabais pour l’achat de véhicules électriques, M. Legault a semé le doute lors d’une entrevue à Radio-Canada le 4 septembre dernier. Celui-ci n’a pas voulu s’engager à maintenir les subventions pour l’achat de véhicules électriques et de bornes de recharge: « Faut voir, il y a des spécialistes qui disent que cet argent-là pourrait être mieux investi » a-t-il répondu en point de presse. Nous avons offert à la CAQ la chance de clarifier cette position à 3 reprises, sans retour.

Cette déclaration de l’aspirant premier ministre est inquiétante. Nous aimerions rappeler qu’en Ontario, au lendemain de son élection, le nouveau premier ministre Doug Ford a aboli sans préavis le rabais de 14,000$ pour l’achat des VÉs. En Ontario, ce rabais avait permis pour la toute première fois à la province de vendre en 2017 plus de véhicules électriques qu’au Québec à pareille date. Pourtant, plusieurs organismes avaient obtenu de l’équipe des communications de Monsieur Ford une promesse que les incitatifs ne seraient pas touchés. Les ventes de VÉs en Ontario ont frappé un mur depuis le retrait des incitatifs à l’acquisition d’une voiture électrique.

Finalement, Québec Solidaire semble favorable à l’électromobilité mais les dispositions contenues dans leur document démontrent une complexité sans offrir d’explications sur les mesures à mettre en place pour y parvenir. Le parti a de belles ambitions concernant la décarbonisation de nos transports et à diminuer nos émissions polluantes, mais le coût de ces mesures risque de ne pas résister à la réalité des finances de la province.

Leur position se résume à la création d’un nouveau système de bonus-malus en fonction de la taille et des revenus des ménages qui achètent un véhicule ainsi qu’en fonction de la région administrative. De cette façon, les propriétaires de véhicules à essence seraient taxés massivement pour payer pour ceux qui achètent un véhicule électrique. Les coûts de la mesure incitative ne sont pas définis. Pour les bornes de recharge rapide, QS poursuivra le déploiement comme prévu dans la loi 184.




QS prévoit rendre « la vente de VÉs obligatoire en 2030 et d’interdire la vente des véhicules à essence sur tout le territoire du Québec en 2040 », mais n’offre aucune explication sur son fonctionnement. Selon leur porte-parole, le parti désire également se débarrasser de la bourse du carbone, un programme efficace qui lie le Québec à d’autres acteurs de l’Amérique du Nord, et entre autres à la Californie, pour un système qui serait plus performant

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