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Inutile et prématuré : Le projet de règlement sur l’école à la maison, selon  un regroupement d’associations de parents réclamant un sursis de trois ans au ministre Roberge

Mercredi 8 mai 2019 (rezomontreal.ca).- À deux jours de l’échéance accordée par le ministre de l’Éducation pour soumettre notre opinion sur le projet de règlement visant à encadrer le programme d’enseignement à la maison, un regroupement des associations de parents impliqués dans ce programme éducatif dénonce le projet du gouvernement Legault en le qualifiant d’inutile et de prématuré.

Pourquoi cet empressement, Monsieur le Ministre ?

 «En adoptant la loi 144, le gouvernement répondait aux demandes pressantes de la Protectrice du citoyen du Québec qui, dans un rapport remis en 2015 (1), demandait de mettre fin à l’iniquité dans l’offre de service des commissions scolaires aux parents qui choisissent ce programme d’étude.




Or, les commissions scolaires n’offrent toujours pas aux enfants inscrits à l’enseignement à la maison les services éducatifs prévus dans le présent règlement et voulus par la Loi sur l’instruction publique, modifiée par la loi 144.

Au lieu de s’attaquer à ce problème réel, voici que le ministre arrive avec un projet de règlement qui ne fera que compliquer encore plus l’atteinte des objectifs que se sont fixés les parents éducateurs sans régler les problèmes d’accès équitable aux services auxquels ils ont droit.
En plus, le ministre réintroduit l’obligation des examens ministériels pour ces enfants, alors que le Conseil supérieur de l’éducation et la Protectrice du citoyen soutiennent que ce n’est pas nécessairement la meilleure façon de vérifier la progression de l’apprentissage des enfants. »
Affirme Noémi Berlus, présidente d’une des associations participant au regroupement (AQED).

 Le regroupement demande au ministre de surseoir à l’application de tout nouveau règlement pendant trois ans afin de permettre au programme déjà en place de faire ses preuves.
La loi 144 a été adoptée après une consultation publique où tous les acteurs et les experts de l’éducation à la maison ont pu exprimer leur point de vue en commission parlementaire.
Les règlements qui en découlent ont , quant à eux, été soumis à l’étude attentive de la Table de concertation nationale en matière d’enseignement à la maison, dont le mandat est prévu par la loi.

« Alors pourquoi le ministre se permet-il de changer unilatéralement le règlement sans avoir fait d’évaluation qualitative et quantitative du programme mis en place depuis un an ? Le ministre se lance dans une réforme prématurée, ne s’appuyant sur aucune donnée probante.  Il omet de convoquer la Table de concertation, créée par la loi 144 afin, justement, de le conseiller en la matière » affirme Patrice Boileau de l’ACPEQ.

 « La possible existence d’écoles religieuses illégales sur le territoire du Québec a été évoqué pour justifier ce projet de règlement alors que rien dans ce projet de ne s’attaque à ce problème. La loi 144 accorde déjà au gouvernement tous les outils nécessaires s’il découvre des écoles qui ne respectent pas la loi.
Au lieu de s’attaquer à un faux problème, on devrait  aider les parents à se conformer à la loi et maintenir ainsi ce juste équilibre entre le droit de l’enfant à l’éducation, le droit des parents de choisir le type d’éducation à donner à leurs enfants et les intérêts économiques et civiques de l’État  en matière d’éducation de ses citoyens.» a pour sa part, ajouté Abraham Ekstein de l’AEJEM.

– Grâce à ce juste équilibre que vise la loi 144, en privilégiant la flexibilité, en donnant la latitude nécessaire à des parents qui vivent des situations particulières dans l’éducation de leurs enfants, les choses s’améliorent pour plusieurs d’entre nous.
Nos enfants sont éduqués au grand jour, inscrits officiellement.




« Près de 5,300 enfants ont été inscrits auprès du gouvernement depuis l’entrée en vigueur de la loi. C’est une augmentation de 175%. Au lieu de s’en féliciter et de continuer dans la même voie, le ministre fait marche arrière en augmentant les contraintes afin que le programme d’enseignement à la maison se rapproche le plus possible du programme pédagogique en vigueur dans les écoles du Québec.
Or, c’est justement parce que beaucoup de parents jugent le programme du ministère inadéquat pour leurs enfants qu’ils leurs offrent une éducation « sur mesure ».
En agissant comme il le fait, le ministre Roberge risque fort de ramener à la clandestinité plusieurs familles qui avaient enfin régularisé leur situation.
Où est la liberté éducative dont les parents doivent jouir ? Monsieur le ministre veut-il pénaliser les parents parce qu’ils font ce que la loi leur permet de faire ? » a demandé Sonya Olthof, du Centre Communidée.

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