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Les 21 et 22 janvier, la communauté de la balle-molle du parc Jeanne-Mance va en justice contre la décision de la Ville de démolir, en mai 2018, un précieux terrain de balle-molle, connu sous le nom de Terrain nord. Le Terrain nord faisait partie du patrimoine culturel du parc Jeanne-Mance, où les Montréalais de tous les horizons ont joué à la balle-molle pendant plus d’un siècle.

L’audience était initialement prévue pour le 6 septembre 2019, mais le juge a décidé qu’il fallait deux jours au lieu d’un pour lire la documentation des avocats et entendre leurs arguments.

La communauté s’est initialement mobilisée pour protéger le Terrain nord et a obtenu en 2017 la promesse d’élus que le terrain ne serait pas affecté lors de la rénovation des terrains de tennis adjacents. Cependant, la Ville a renoncé à son engagement envers la communauté au printemps 2018. Affirmant que le Terrain nord était dangereux, la Ville a démoli le terrain dans les cinq jours suivant l’annonce de sa décision.

En août 2018, des membres de la communauté de balle-molle ont déposé un pourvoi en contrôle judiciaire de la décision de la Ville de détruire le Terrain nord. La poursuite met l’accent sur le fait que la Ville n’a pas suivi ses propres règles concernant la modification de sites patrimoniaux provinciaux.

L’action en justice repose sur quatre arguments remettant en question la décision prise par la Ville :

  • Le défaut de la Ville d’acquérir le permis du Ministère de la culture du Québec requis selon la Loi sur le patrimoine culturel pour la modification de sites patrimoniaux provinciaux tel que le Site patrimonial du Mont-Royal, qui inclue le parc Jeanne-Mance.
  • L’échec de la Ville de consulter le Conseil du patrimoine de Montréal à propos de son projet de démolition du terrain, en violation du règlement de la Ville lui-même exigeant que le Conseil soit consulté avant tout projet de démolition d’une installation existant sur un site du patrimoine culturel.
  • Les craintes mal fondées en matière sécurité, de responsabilité et d’espace citées par la Ville comme arguments pour la destruction du terrain.
  • La promesse rompue par la ville envers les membres de la communauté, sans aucune consultation et sans donner la chance à la communauté de s’exprimer à ce sujet.

« Les arguments de la Ville pour la destruction du terrain ne tenaient pas la route, et ils ont enfreint leurs propres règles pour le faire », dit la plaignante Marie-Claude Lacerte, « nous préférions ne pas avoir à poursuivre la Ville en justice, mais nos efforts de dialogue et de collaboration n’ont mené qu’à des promesses rompues, donc nous pensons qu’il n’y a pas d’autre option pour le moment. »

Afin de couvrir les frais juridiques liés à la poursuite, la communauté a lancé une campagne de financement participatif en ligne en décembre 2018 et a dépassé l’objectif de 10 000 $ en dix jours.

« Notre communauté diverse donne une signification exceptionnelle à cet espace public depuis des décennies et il existe le sentiment parmi nos sympathisants qu’il est important de se battre pour la restauration du Terrain nord », dit la plaignante Marisa Berry-Méndez.La balle-molle a été jouée sur le Terrain nord par une communauté culturellement et socioéconomiquement diversifiée pendant plus d’un siècle. Cette communauté unique est composée de Québécois francophones, anglophones et d’origine latino-américaine, avec un mélange de nouveaux arrivants. C’est un espace d’intégration sociale qui s’est développé organiquement autour du sport au fil des ans. « Je n’ai jamais fait partie d’une communauté où tant de milieux sont représentés et je pense qu’il n’y en a peu d’autres à Montréal », a déclaré le plaignant David Smith.

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