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Un nouveau rapport de la FCEI montre que le système d’immigration ne répond pas aux besoins des propriétaires de PME aux prises avec d’importantes pénuries de main-d’œuvre. Les plus grosses failles du système sont le décalage entre les emplois à pourvoir dans les PME et les niveaux de compétences des immigrants auxquels le gouvernement donne la priorité. À cela s’ajoutent la complexité et la longueur excessive des démarches à suivre pour faire venir des travailleurs étrangers au pays et pour les retenir.

« Notre système d’immigration ne permet pas aux propriétaires de PME d’avoir facilement accès aux travailleurs immigrants, déplore Jasmin Guénette, vice-président des affaires nationales de la FCEI. Les employeurs qui y ont recours pour combler leurs postes vacants font face à des formalités administratives complexes et coûteuses, en particulier s’ils cherchent des travailleurs étrangers temporaires. D’autant plus qu’une fois que les travailleurs étrangers sont entrés au pays et qu’ils sont bien intégrés dans leurs communautés et leurs milieux de travail, il peut être très difficile de les garder s’ils ont un niveau de compétences peu élevé parce que les voies vers la résidence permanente sont limitées pour eux. »

Le système d’immigration n’est pas adapté aux pénuries de travailleurs et de compétences
Plus des trois quarts des propriétaires de PME ont eu des difficultés à trouver des travailleurs au cours des cinq dernières années en raison des pénuries de main-d’œuvre et de compétences. Dans la majeure partie des cas, les PME disent que leurs postes vacants sont des emplois qui exigent un diplôme d’études collégiales ou une formation d’apprenti (46 %), ou qui requièrent un diplôme d’études secondaires ou une formation spécialisée (31 %). Or, respectivement, seuls 17 % et 2 % des immigrants économiques admis au Canada en 2017 possédaient ces qualifications. Par contraste, trois immigrants sur cinq étaient titulaires d’un diplôme universitaire, alors que moins d’un poste à pourvoir sur dix exigeait un tel niveau d’études.

Les chefs d’entreprise qui n’arrivent pas à trouver des travailleurs canadiens font parfois appel au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) et en sont généralement satisfaits. Cependant, pour recruter des travailleurs étrangers temporaires, les employeurs doivent remplir quantité de formulaires compliqués, payer des frais non remboursables et patienter entre 6 et 12 mois, et parfois même plus longtemps, pour obtenir une approbation avant même de pouvoir entreprendre les démarches d’embauche.

« Le système d’immigration n’est pas la première solution des propriétaires de PME en quête de main-d’œuvre, précise François Vincent, vice-président de la FCEI pour le Québec. Lorsqu’ils se tournent vers lui, c’est qu’ils ont exploité tous les moyens possibles pour pourvoir leurs postes vacants. Pour les chefs de PME, recourir aux programmes d’immigration pour trouver un travailleur étranger représente des coûts, du temps et du stress supplémentaires qui s’ajoutent à leur quotidien qui est de faire tourner leur entreprise et retenir leurs employés. »

Une solution pour les employeurs et les travailleurs immigrants
La FCEI presse le gouvernement de modifier le système d’immigration afin que les employeurs puissent trouver des travailleurs étrangers lorsqu’ils n’ont pas réussi à dénicher des candidats au pays. Voici quelques mesures à envisager :

  • Créer un « visa d’introduction au Canada » permettant aux travailleurs étrangers de travailler dans un secteur ou une région où la demande de main-d’œuvre est forte.
  • Mieux aligner les compétences des nouveaux immigrants, temporaires ou permanents, sur les niveaux de compétences dont les employeurs de toutes tailles ont besoin, notamment pour les métiers spécialisés et les postes nécessitant une main-d’œuvre peu qualifiée.
  • Revoir au complet le processus entourant le Programme des travailleurs étrangers temporaires afin de réduire la complexité des demandes, améliorer le service à la clientèle du gouvernement et réduire sensiblement les délais de traitement.

« Les immigrants et les travailleurs étrangers, quel que soit leur niveau de compétences, contribuent de manière importante à leurs milieux de travail, conclut M. Guénette. La réussite des PME qui font face à des pénuries de main-d’œuvre repose souvent sur eux. Ce sont des employés très appréciés et les chefs de PME s’assurent de bien les intégrer en les aidant à s’installer, en leur offrant de la formation et du mentorat. Mais ils ne peuvent pas tout faire seuls. Le gouvernement doit contribuer à mettre en lien les nouveaux immigrants et les travailleurs étrangers avec les employeurs et les aider à s’intégrer dans le marché du travail. »

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