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 Les enseignants se sentent laissés à eux-mêmes. La plupart de nos enseignants travaillent dans des écoles situées dans les « zones rouges ». Tandis que le ministre de la Santé demande au grand public de rester dans leurs bulles familiales et d’éviter les rassemblements, on demande aux enseignants de passer leurs journées dans des salles de classe mal ventilées avec jusqu’à 32 élèves sans masque, et aucune distanciation sociale. C’est incohérent et illogique », a déclaré Heidi Yetman, présidente de l’Association provinciale des enseignantes et enseignants du Québec (APEQ).

De nombreuses régions du Québec sont maintenant déclarées « zones rouges », ce qui signifie qu’elles ont atteint un niveau critique de propagation de la COVID-19. De nouvelles mesures en matière de santé publique ont été mises en place par le ministère de la Santé pour le grand public. L’APEQ demande pourquoi le ministère de la Santé n’a pas imposé de nouvelles mesures de santé publique pour les écoles et les centres afin de protéger la santé et la sécurité des enseignants, des élèves et de leurs familles respectives et de réduire la propagation de la COVID-19.

En août, l’APEQ a envoyé une lettre au ministre de la Santé, Dr Arruda, et au ministre de l’Éducation pour poser plusieurs questions sur le plan de réouverture des écoles, notamment en ce qui concerne le port du couvre-visage pour les élèves dans la salle de classe, la diminution du ratio élèves-enseignants pour favoriser la distanciation et les mesures pour remédier à la mauvaise ventilation dans les écoles. Cette semaine, un groupe de 26 médecins et scientifiques a écrit une lettre ouverte dans La Presse pour exhorter le gouvernement à adopter des mesures relatives à l’aération et à la ventilation. Les ministères et les autorités de santé publique ne se sont pas prononcés sur ces questions.

À la mi-septembre, l’APEQ a mené un sondage pour connaître le point de vue de ses membres sur la réouverture des écoles et des centres dans le contexte des mesures liées à la COVID-19. Plus de 2 500 enseignants ont répondu au sondage. Parmi les enseignants qui ont répondu, 40 % estimaient que les mesures de santé publique mises en place dans les salles de classe étaient inadéquates, et 40 % estimaient que la ventilation dans leur salle de classe était insuffisante.  Plus de 70 % d’entre eux ont indiqué que la distanciation sociale n’était pas possible dans leurs salles de classe. 

« Avant la pandémie, les conditions de travail des enseignants étaient déjà très difficiles. La pandémie n’a fait qu’aggraver la situation. Ce n’est que le début du mois d’octobre et les enseignants sont déjà dépassés et épuisés. Ce n’est pas viable. Nous craignons que tout le système s’effondre si le gouvernement n’agit pas maintenant », a conclu Mme Yetman.

L’Association provinciale des enseignantes et enseignants du Québec représente 8 000 enseignants du secteur anglophone au Québec.

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