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Un climat de censure semble s’installer sur nos campus universitaires, dans des institutions culturelles et même auprès du grand public. Or ce nouveau puritanisme nuit à l’économie et appauvrit les Québécois. Une nouvelle publication lancée par l’Institut économique de Montréal montre en effet que ceux-ci seraient plus riches si la liberté d’expression était encore plus grande.

« À travers le monde, on observe que la liberté d’expression et l’enrichissement de la population sont intimement liés », résume Miguel Ouellette, directeur des opérations et économiste à l’IEDM. « On a toutes les raisons de croire qu’un climat de censure réduit le partage d’information et l’innovation qui sont essentielles à notre enrichissement », poursuit l’économiste.

La liberté d’expression, c’est payant

À l’aide d’un modèle économétrique, les chercheurs de l’IEDM ont pu évaluer le coût des obstacles à la liberté d’expression au Canada. « Si le Canada performait aussi bien que la Norvège en matière de liberté d’expression, nos concitoyens seraient plus riches annuellement de 2552 $ », estime Maria Lily Shaw, économiste à l’IEDM et co-autrice de la publication.

« Il est malheureux de constater que la liberté d’expression est moins en moins valorisée sur nos campus universitaires. Il s’agit pourtant normalement d’un terrain fertile pour les échanges d’idées qui sont une condition nécessairement à l’innovation » fait valoir la co-autrice.

Comment améliorer notre bilan?

Les chercheurs font part de trois recommandations visant à promouvoir la liberté d’expression et la liberté de presse :

  1. Créer un cadre réglementaire et fiscal favorable à tous les médias, y compris les médias émergents, plutôt que d’attribuer des subventions discrétionnaires qui permettent la discrimination;
  2. Inciter les universités publiques canadiennes à protéger la liberté d’expression afin qu’elles permettent réellement à leurs chercheurs, professeurs et étudiants de s’exprimer librement sans risque de représailles, et;
  3. Augmenter les informations et données disponibles à la population en diminuant la nécessité de faire des demandes d’accès à l’information, et ce afin de faciliter les débats publics.

« Le Canada a un bilan médiocre en matière d’accès à l’information. Cela a forcément des répercussions sur la capacité des partis politiques et des médias d’évaluer la performance du gouvernement et de contribuer au débat public. Nous devons faire mieux », conclut Miguel Ouellette.

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