Proche aidance au travail : un tabou persistant à briser
Un sondage récent a permis de souligner une réalité encore largement occultée dans les milieux professionnels québécois : la proche aidance demeure un sujet sensible, souvent passé sous silence au travail. Selon l’enquête menée par Léger, une personne proche aidante sur trois évite de révéler sa situation à son employeur, notamment par crainte de jugement ou de perte d’opportunités professionnelles.
Les données révèlent un écart significatif avec les parents : alors que 68 % d’entre eux se disent à l’aise d’utiliser les mesures de conciliation famille-travail, cette proportion chute à 58 % chez les personnes proches aidantes. Une situation qui s’explique notamment par un manque de reconnaissance de leur réalité et par des dispositifs organisationnels encore largement pensés pour la parentalité.
Face à ce constat, le Réseau pour un Québec Famille et Proche aidance Québec appellent à une meilleure sensibilisation des employeurs et à l’adoption de cadres clairs d’accommodement. La négociation individuelle des ajustements, pratiquée au cas par cas, est perçue comme une source majeure de stress par plus de la moitié des personnes concernées.
Les organisations sont ainsi invitées à structurer des politiques inclusives, mieux communiquer les ressources disponibles et instaurer un dialogue ouvert. Au-delà de la performance économique, l’enjeu est aussi humain : soutenir les personnes proches aidantes contribue à leur bien-être, à leur santé mentale et à la rétention du personnel, tout en renforçant la cohésion des milieux de travail.
