Les humoristes canadiens restent largement en marge des politiques culturelles fédérales, selon un nouveau document présenté mardi par l’Association canadienne des humoristes stand-up, sketch et impro (ACHS) et le Syndicat canadien des pigistes-Unifor.
Intitulé « Le problème quand on veut faire rire au Canada », ce document examine la place de l’humour dans le système culturel canadien et formule plusieurs recommandations. Ses auteurs demandent notamment que l’humour soit officiellement reconnu comme une forme d’art et que les humoristes puissent accéder aux dispositifs publics destinés aux autres disciplines artistiques.
Selon l’ACHS et Unifor, cette absence de reconnaissance peut limiter l’accès des humoristes aux subventions, aux programmes de perfectionnement, au soutien aux tournées et à certaines protections liées au travail. Les organisations réclament également de meilleures normes professionnelles, une rémunération équitable, une protection accrue de la propriété intellectuelle et une représentation des humoristes dans les discussions concernant leur secteur.
Le document s’appuie sur des recherches, l’histoire de l’industrie canadienne de l’humour et des témoignages d’artistes. Il présente cette démarche comme une première étude nationale consacrée à l’exclusion de l’humour du cadre de la politique culturelle canadienne.
Les organisations demandent par ailleurs au gouvernement fédéral de réaliser un examen approfondi du secteur afin de disposer de données permettant d’orienter de futures politiques. Elles proposent notamment de renforcer le mentorat, les tournées, les festivals et les structures consacrées à l’humour.
« L’humour est un art, l’humour est du travail », affirme Sandra Battaglini, autrice du document et membre fondatrice de l’ACHS. Les promoteurs de l’initiative estiment qu’une meilleure reconnaissance institutionnelle contribuerait à rendre les carrières dans l’humour plus durables au Canada.



