Gala SOCAN 2025 : Charlotte Cardin, Cristobal Tapia de Veer et Muzion au firmament de la création musicale
La 34ᵉ édition du Gala SOCAN, célébrée ce dimanche 4 mai à la TOHU, a transformé Montréal en haut lieu de la création musicale francophone et canadienne. Pour marquer son centenaire, l’organisation a honoré plus de 100 lauréats répartis dans 25 catégories, saluant l’excellence des auteurs-compositeurs, créateurs de musique à l’image et éditeurs du Québec et de la francophonie canadienne.
Parmi les artistes les plus remarqués de la soirée, Charlotte Cardin, Cristobal Tapia de Veer, Roxane Bruneau et Mathieu Brisset ont chacun reçu trois trophées SOCAN, incarnant une génération prolifique et influente. L’événement, animé par Rebecca Makonnen et orchestré musicalement par Chloé Lacasse, a été rythmé par une succession de remises de prix, d’hommages et de performances aussi surprenantes qu’émouvantes.
Des hommages poignants et des distinctions historiques
Le gala a débuté en beauté avec une interprétation saisissante de Évidemment par La Zarra, fraîchement couronnée du Prix de la chanson internationale. Dans un discours empreint de reconnaissance, Jennifer Brown, directrice générale de la SOCAN, a souligné l’héritage des pionniers du droit d’auteur québécois, citant notamment Diane Juster, Gilles Valiquette et Luc Plamondon.
Diane Juster s’est d’ailleurs vue remettre le Prix Excellence, marquant sa contribution majeure à la musique francophone et à la défense des droits d’auteur. L’hommage a été sublimé par une interprétation de Ce matin par Marie-Denise Pelletier, devant un parterre ému, dont les figures emblématiques Yvon Deschamps et Rosaire Archambault.
Autre moment fort : Richard Séguin a été intronisé au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens. Un vibrant hommage musical lui a été rendu par Luce Dufault, Jorane, Vincent Vallières ou encore Jeanne Coté, avant que l’artiste, fidèle à son humilité, ne prenne la parole pour partager sa fierté et sa gratitude.
Le hip-hop et la diversité musicale à l’honneur
Dans un élan historique, la SOCAN a attribué son tout premier Prix Empreinte culturelle à un titre hip-hop : La Vi Ti-Neg du groupe Muzion. Véritable hymne identitaire, le morceau a été revisité sur scène par Shah Frank, Waahli et Barnev, dans une prestation à la fois percutante et festive.
Côté musiques spécialisées, les distinctions ont couvert un large spectre de styles : Souldia et Lost en hip-hop, Zeina en R&B, Priori en musique électronique, Dominique Fils-Aimé en jazz (Prix Hagood Hardy), Caroline Lizotte en musique classique (Prix Jan V. Matejcek), Salebarbes en country, et Waahli en musique globale.
Le Prix Révélation est revenu au jeune phénomène Fredz, qui a conquis le public en interprétant Le stade, symbole de son ascension fulgurante des deux côtés de l’Atlantique.
La musique à l’image brillamment mise en lumière
Le Gala SOCAN 2025 a également souligné l’importance croissante de la musique à l’image. Cristobal Tapia de Veer, reconnu pour ses bandes sonores de Smile et The White Lotus, s’est vu remettre l’un des prix majeurs dans cette catégorie. Les compositeurs Ramachandra Borcar, Olivier Bibeau, Kim Gaboury, Miklos Simpson, Guy Kaye, Gaétan Essiambre et Rémy Tremblay ont également été récompensés pour leurs créations destinées à la télévision et au cinéma.
Pour souligner cette excellence, l’Orchestre Filmharmonique a livré une performance magistrale des grandes œuvres à l’écran, captivant l’assistance. La toute première remise du Prix Herbert Ruff, consacré à la post-synchronisation audiovisuelle, a été décernée à l’entreprise Éditions Backstage Passes, saluant ainsi un domaine en plein essor.
Un centenaire entre héritage et transmission
Ce Gala du centenaire s’est conclu sur une note de transmission intergénérationnelle. Des témoignages vidéo de membres de la SOCAN ont exprimé leur fierté d’appartenir à cette vaste communauté créative. Diane Juster et Gilles Valiquette ont clôturé la soirée en appelant les jeunes générations à défendre activement leurs droits et à maintenir la SOCAN comme pilier de la souveraineté culturelle canadienne pour le siècle à venir.
