Eurovision : le défilé de mode le plus musical d’Europe
source Star Zone Suisse
L’Eurovision, plus qu’un simple concours musical, est un véritable théâtre où la mode joue un rôle primordial. Depuis sa première édition en 1956, le concours est devenu un défilé de mode à part entière, où les tenues des artistes rivalisent d’originalité, de créativité et parfois même d’extravagance. Des looks iconiques aux dérapages mémorables, l’Eurovision est le théâtre d’une mode à la fois osée, parfois risquée, mais toujours mémorable. Avant l’édition 2025 qui se tiendra à Bâle, retour sur l’évolution des styles qui ont marqué ce concours légendaire.
1950-1960 : Le début de la mode à l’Eurovision
Tout commence en 1956 à Lugano, en Suisse, avec la toute première édition du concours. Lys Assia, la première grande gagnante de l’Eurovision, impose une silhouette sobre et élégante avec une robe noire et un accessoire délicat, une broche fleurie. Ce look, à la fois classique et chic, annonce déjà la place importante que la mode va occuper dans ce concours. Si la musique est la star, le style devient une extension de l’artiste. À l’époque, les tenues restent simples et sages, reflet d’une époque où la discrétion était encore de mise.
1960-1970 : Mini-jupes et paillettes cosmiques
Les années 60 marquent un tournant avec l’arrivée de la minijupe et des cheveux volumineux. En 1965, la jeune France Gall remporte le concours pour le Luxembourg avec sa chanson «Poupée de cire, poupée de son». Son look tout en fraicheur, avec une frange parfaite et une allure pop, rompt avec la sobriété des premières années. La mode se fait plus dynamique, plus jeune, plus libre. Les années 70 poursuivent cette tendance avec l’explosion de la mode disco. En 1974, ABBA, le groupe suédois devenu icône mondiale, débarque sur scène dans des tenues futuristes, mêlant paillettes et plateformes. Les looks des membres du groupe — bottes hautes, épaulettes en strass, pantalons satinés — incarnent l’esprit du concours : du glamour, du spectacle et un brin de folie.
1980-1990 : Strass, fluo et héritage de Barbara Dex
Les années 80 marquent l’ère du strass et du fluo. Le concours s’oriente vers des looks audacieux et flamboyants. En 1993, Barbara Dex représente la Belgique avec une tenue qui fera le tour du monde pour… ses mauvaises raisons. Sa robe, un mélange de filet et de jaune fluorescent, devient immédiatement une référence en matière de fashion faux-pas, si bien qu’un prix spécial sera créé en son honneur : le «Prix du pire costume». Mais l’Eurovision, c’est aussi des moments de pur génie. En 1998, Dana International, une artiste transgenre, remporte le concours avec sa chanson «Diva» en portant une robe en plumes signée Jean-Paul Gaultier. Ce look est un manifeste, un symbole de la libération et de l’acceptation de la diversité, à la fois dans la mode et dans la société.
2000-2010 : L’ère des drags et de la démesure
Au début des années 2000, l’Eurovision se transforme en un terrain d’expérimentations stylistiques de plus en plus osées. En 2002, le groupe slovène Sestre, composé de drag-queens, chante dans des tenues flashy inspirées du cabaret et du carnaval. Un style décalé, excessif, mais parfaitement adapté à l’Eurovision. Puis, en 2006, le groupe finlandais Lordi fait sensation avec des costumes démoniaques qui semblent tout droit sortis d’un film d’horreur. Leur look grotesque et extravagant est une réussite, et ils remportent la victoire, prouvant que l’Eurovision accepte toutes les audaces, même les plus inattendues.
2010-2020 : La mode prend son envol avec les créateurs
Au fil des années, l’Eurovision devient de plus en plus le terrain de jeu des grands créateurs. En 2019, l’Australienne Kate Miller-Heidke éblouit la scène en portant une robe du créateur Steven Khalil. Cette création suspendue par un harnais la fait littéralement flotter dans les airs, apportant une touche de féérie et de grandeur à sa performance. La mode se fait de plus en plus théâtrale, avec des créations impressionnantes dignes des plus grands défilés de haute couture.
En 2018, Elina Nechayeva, d’Estonie, éblouit le public avec une robe futuriste équipée de projections holographiques. Ce look, conçu par un équipe technique de génies, combine haute technologie et mode, illustrant parfaitement l’orientation de l’Eurovision vers une fusion entre la mode, la performance et la technologie.
2021 : L’Italie déferle avec Måneskin
L’un des plus grands phénomènes stylistiques de l’Eurovision des dernières années est sans doute le groupe italien Måneskin. Avec des looks inspirés du glam rock des années 70, leur prestation en 2021, où ils portent des tenues signées par Etro et Gucci, redéfinit les codes de la scène musicale européenne. Damiano, le chanteur, avec son look androgyne, son eyeliner charbon et son cuir lacé, devient une icône de style, propulsant le groupe au sommet avec leur victoire. Leur succès prouve que la mode et la musique sont désormais indissociables à l’Eurovision.
2024-2025 : La Swiss Touch s’impose
La Suisse, souvent sous-estimée en matière de mode, a su s’imposer ces dernières années. En 2024, le gagnant Nemo remporte le concours avec sa chanson «The Code» en portant une veste rose impressionnante, créée par la styliste suédoise Linnéa Samia Khalil. Pour l’édition 2025, la Suisse frappe encore plus fort en confiant la création des costumes des présentateurs à Kevin Germanier, un créateur helvète connu pour ses silhouettes futuristes et écoresponsables. Son travail pour l’Eurovision promet de sublimer une nouvelle fois cette scène mondialement célèbre.
Plus qu’un concours, une vitrine de mode
L’Eurovision, c’est bien sûr un concours de chanson, mais c’est aussi un immense défilé de mode. De l’extravagance des années 80 à l’élégance futuriste des années 2020, chaque édition de l’Eurovision est une vitrine de la mode européenne. Chaque artiste, avec ses tenues souvent spectaculaires, participe à l’élaboration de l’histoire de cet événement, qui est autant un terrain d’expérimentation stylistique qu’une compétition musicale. À l’Eurovision, on ne se contente pas de chanter. On s’habille pour exister, pour se faire remarquer et, parfois, pour gagner.
Source Starzone
