Le Canada accélère sa course mondiale aux talents scientifiques. La ministre de l’Industrie Mélanie Joly a dévoilé jeudi les premiers résultats de la stratégie fédérale « Impact+ Canada », un ambitieux programme destiné à attirer chercheurs étrangers et expatriés dans les universités et centres de recherche du pays.
Au total, 659 bourses de doctorat et de recherche postdoctorale ont déjà été attribuées à des candidates et candidats provenant de 72 pays, représentant un investissement de 84,3 millions de dollars sur trois ans. L’initiative fait partie d’un plan global de 1,7 milliard de dollars annoncé dans le budget fédéral 2025 afin de recruter plus de 1 000 chercheurs de haut niveau, dont des francophones.
Administrées par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, le Conseil de recherches en sciences humaines et les Instituts de recherche en santé du Canada, les nouvelles bourses visent des secteurs jugés stratégiques : intelligence artificielle, informatique quantique, cybersécurité, biotechnologies, technologies propres, sécurité alimentaire et défense.
Selon Ottawa, un tiers des candidatures reçues provenaient des États-Unis, dans un contexte où plusieurs chercheurs dénoncent des restrictions croissantes sur les libertés universitaires dans certains pays.
« Le Canada attire les meilleurs talents au monde pour renforcer sa base industrielle et scientifique », a affirmé Mélanie Joly, soutenant que la recherche constitue désormais un enjeu de souveraineté économique et de compétitivité mondiale.
Le programme comprend également un milliard de dollars consacré aux nouvelles chaires de recherche « Impact+ Canada », ainsi qu’un fonds de 400 millions destiné aux infrastructures scientifiques.
Pour des établissements comme Université d’Ottawa, cette stratégie pourrait accroître l’attractivité du Canada face à la concurrence internationale. La rectrice Marie-Eve Sylvestre a salué un « moment déterminant » pour l’écosystème canadien de recherche et d’innovation.



