Le conflit opposant le gouvernement du Québec aux ingénieurs de l’État franchit une nouvelle étape. L’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ) a annoncé le dépôt d’un second avis de grève qui entrera en vigueur le 11 juin prochain, intensifiant ainsi les moyens de pression déjà exercés dans le cadre des négociations avec le Conseil du trésor.
À compter de cette date, les quelque 1 800 ingénieurs représentés par l’organisation syndicale seront en grève les soirs, les nuits, les fins de semaine ainsi que tous les jeudis, et ce pour une durée indéterminée.
Après près d’un an de négociations sans règlement, l’APIGQ affirme vouloir attirer l’attention du gouvernement sur l’état des infrastructures publiques québécoises et sur le rôle stratégique joué par les ingénieurs dans leur planification, leur entretien et leur surveillance.
Le syndicat soutient que l’ingénierie ne figure pas parmi les priorités gouvernementales malgré l’ampleur des besoins en matière d’infrastructures. Il rappelle notamment que le déficit de maintien des actifs du réseau routier québécois est estimé à plusieurs dizaines de milliards de dollars.
Dans un ton particulièrement critique, le président de l’APIGQ, Marc-André Martin, accuse le gouvernement de privilégier des annonces à caractère électoral plutôt que des investissements durables dans les infrastructures essentielles. Il compare la situation à une maison dont l’apparence est rénovée alors que les fondations se détériorent.
L’organisation syndicale évoque également plusieurs événements tragiques survenus au Québec au cours des dernières décennies pour rappeler l’importance de la sécurité des infrastructures publiques.
Fondée en 1986, l’APIGQ représente les ingénieurs œuvrant dans différents ministères et organismes gouvernementaux. Aucune réaction officielle du gouvernement n’avait été diffusée au moment de l’annonce du nouveau débrayage.



