L’Association médicale mondiale (AMM) a appelé samedi les gouvernements et les plateformes numériques à renforcer la lutte contre les fausses informations sur la santé, avertissant des risques pour les patients et de l’érosion de la confiance dans les soins fondés sur des données scientifiques.
Réunie à Rotterdam, aux Pays-Bas, pour sa 77e assemblée générale, l’organisation a adopté une politique consacrée à la lutte contre la désinformation médicale. Le texte, porté notamment par l’Association médicale canadienne (AMC) et le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) français, préconise une réponse coordonnée à l’échelle internationale.
Les recommandations visent notamment les autorités sanitaires, les gouvernements et les entreprises technologiques. Elles appellent à renforcer la transparence et la responsabilité des plateformes, à agir contre les contenus préjudiciables et à envisager des sanctions contre les auteurs de certaines infractions.
L’AMM souligne également les risques liés à l’intelligence artificielle, qui facilite la production et la diffusion de vidéos truquées et de contenus médicaux trompeurs difficiles à distinguer de documents authentiques.
Selon l’organisation, la diffusion d’allégations non fondées peut conduire des patients à abandonner des traitements éprouvés, à retarder des consultations ou à adopter des pratiques dangereuses. Elle peut aussi fragiliser la relation de confiance entre les médecins et leurs patients.
« Les médecins ont le devoir de transmettre des informations exactes et factuelles sur la santé », a déclaré le président de l’AMM, Jung Yul Park, estimant que leur voix était de plus en plus concurrencée par les contenus trompeurs sur les réseaux sociaux.
La politique adoptée propose également des orientations aux professionnels de santé pour aborder ces informations avec leurs patients. L’AMM estime toutefois que les échanges en consultation ne suffisent pas et qu’une action plus large est nécessaire pour limiter la circulation de ces contenus à la source.



