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Un laboratoire inédit au Canada consacré à l’étude des troubles auditifs et vestibulaires associés à l’âge

Financé par un don philanthropique de 630 000 dollars, le laboratoire « Reconnecter » – Famille Joly entend faire progresser la recherche sur la perte auditive et les troubles vestibulaires, deux problèmes de santé susceptibles de compromettre l’autonomie des personnes âgées.

La recherche sur les troubles sensoriels liés au vieillissement franchit une nouvelle étape au Québec. La Fondation Institut de gériatrie de Montréal annonce la création du laboratoire « Reconnecter » – Famille Joly, présenté comme la première infrastructure de recherche au Canada consacrée à l’étude conjointe des troubles auditifs et vestibulaires associés à l’âge.

Installé au Centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal (CRIUGM), ce laboratoire bénéficie d’un financement philanthropique de 630 000 dollars versé par une famille québécoise. Il doit permettre aux chercheurs d’approfondir les liens entre la perte auditive, les troubles de l’équilibre et leurs conséquences sur la santé des personnes âgées.

L’enjeu dépasse la seule capacité à entendre. Avec l’avancée en âge, les difficultés auditives peuvent compliquer les échanges quotidiens, tandis que les troubles vestibulaires, qui affectent l’équilibre, peuvent accroître les difficultés de déplacement et le risque de chute. Lorsque ces problèmes se cumulent, ils peuvent fragiliser l’autonomie et favoriser l’isolement social.

La perte auditive, un enjeu majeur de santé publique

La presbyacousie, ou perte auditive liée au vieillissement, figure parmi les troubles de santé fréquents chez les personnes âgées. Selon les chiffres avancés par la Fondation, elle touche environ une personne sur trois après 65 ans et une sur deux à partir de 75 ans.

Ces difficultés peuvent avoir des répercussions sur la participation à la vie sociale et sur la qualité de vie. Associées à des troubles de l’équilibre, elles peuvent rendre certaines activités quotidiennes plus difficiles et accroître la vulnérabilité des personnes concernées.

Les conséquences possibles sur les fonctions cognitives font également partie des préoccupations des chercheurs. La Fondation souligne notamment les liens entre les troubles sensoriels, le déclin cognitif et le risque de démence. Ces associations constituent toutefois des enjeux de recherche et ne signifient pas qu’une perte auditive entraîne systématiquement une démence.

Dans ce contexte, l’étude simultanée de l’audition et de l’équilibre doit aider à mieux comprendre les mécanismes en jeu et à explorer des approches adaptées aux besoins des aînés.

De nouveaux équipements pour faire avancer la recherche

Les travaux du laboratoire seront codirigés par François Champoux, chercheur spécialisé en neurosciences du vieillissement, et Adriana Lacerda, chercheuse en innovation sociale. Tous deux sont professeurs à l’École d’orthophonie et d’audiologie de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal et cotitulaires de la Chaire Fondation Caroline Durand en audition et vieillissement.

Les nouvelles installations doivent permettre aux équipes de tester des hypothèses qui, jusqu’ici, restaient difficiles à examiner faute d’équipements adaptés.

« Un tel appui change complètement la donne pour nos équipes », souligne François Champoux, qui insiste sur les possibilités scientifiques ouvertes par cette infrastructure.

L’objectif est de rapprocher la recherche fondamentale des besoins concrets des patients. En étudiant conjointement les déficits auditifs et les troubles vestibulaires, les chercheurs espèrent contribuer au développement de solutions susceptibles d’améliorer le dépistage, l’accompagnement et la réadaptation des personnes âgées.

Une application mobile pour soutenir la réadaptation

Parmi les projets évoqués figure le développement d’une application mobile destinée aux personnes âgées malentendantes. L’outil envisagé doit soutenir leur réadaptation, faciliter le suivi avec les professionnels de la santé et encourager leur participation sociale.

Selon Adriana Lacerda, cette démarche vise à développer et à tester de nouveaux outils pour mieux accompagner les personnes qui vieillissent.

L’application s’inscrit dans une approche qui cherche à compléter le travail des professionnels de la santé et à faciliter le suivi des personnes concernées. Ses résultats et son utilité clinique devront dépendre des travaux de développement et d’évaluation menés par les équipes.

Au-delà des équipements et des outils numériques, le laboratoire entend associer les personnes âgées malentendantes à la recherche afin que les solutions développées tiennent compte de leurs besoins et de leur expérience quotidienne.

Préserver l’autonomie et la participation sociale

La création de cette infrastructure intervient alors que le vieillissement de la population renforce les besoins en matière de prévention, de soins spécialisés et d’accom

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