La télévision québécoise parle-t-elle encore aux moins de 30 ans? C’est la question au cœur d’Après moi le déluge, nouvelle production documentaire lancée cette semaine par Office national du film du Canada sur YouTube, dans une tentative assumée de rejoindre un public qui consomme désormais l’essentiel de ses contenus en ligne.
Réalisée par Mounir Kaddouri, figure populaire du web québécois connue sous le nom de « Maire de Laval », l’œuvre ouvre le bal d’ON FILME, une initiative de création documentaire pensée spécifiquement pour la plateforme vidéo de YouTube.
Le projet se décline en quatre formats distincts, dont un documentaire principal de 33 minutes consacré au fossé grandissant entre les jeunes publics et l’industrie télévisuelle québécoise. Étudiantes et étudiants du cégep Montmorency, créateurs et intervenants du milieu culturel y discutent notamment des cotes d’écoute, de la représentation à l’écran et des méthodes de production jugées déconnectées des habitudes numériques actuelles.
Dans un balado vidéo d’une heure, la professeure Catalina Briceño et la productrice Karine Dubois reviennent sur les bouleversements provoqués par Internet dans l’écosystème médiatique québécois. Elles évoquent une industrie fragilisée par la fragmentation des audiences et la migration massive des jeunes vers les plateformes numériques.
Une autre capsule donne la parole à la créatrice de contenu Beckybeckboo, qui réfléchit à la place des jeunes et des minorités dans les médias québécois, ainsi qu’aux limites de la notion de diversité souvent mise de l’avant à l’écran.
Avec cette offensive numérique, l’ONF semble reconnaître implicitement une réalité qui s’impose depuis plusieurs années : pour une partie de la jeunesse québécoise, les débats culturels ne passent plus par la télévision traditionnelle, mais par les plateformes sociales, les balados et les créateurs indépendants.



