Près de trois millions de Québécois âgés de 16 à 65 ans ne possèdent pas les compétences en littératie nécessaires pour comprendre adéquatement des textes complexes, comme un contrat, une directive professionnelle ou un article de journal, selon une analyse dévoilée lundi par la Fondation pour l’alphabétisation.
Réalisée avec l’économiste Pierre Langlois et avec la participation du Conseil du patronat du Québec et du Conseil canadien du commerce de détail, l’étude souligne que le Québec se classe au 8e rang des provinces canadiennes en matière de littératie.
Le rapport met également en lumière le plus faible taux de diplomation secondaire dans les délais prévus au pays, établi à 76 %, avec un écart marqué de 12 % entre les garçons et les filles.
Selon les auteurs, une amélioration des compétences de base en lecture et compréhension pourrait générer jusqu’à 2,6 milliards de dollars de revenus personnels supplémentaires par année et près de 5,9 milliards de dollars additionnels pour l’économie québécoise.
L’analyse établit aussi des liens entre les faibles niveaux de littératie et certains problèmes de santé publique, des coûts souvent absorbés par le système de santé sans que leur origine soit clairement identifiée.
« Les compétences de base représentent un enjeu stratégique pour les entreprises et la productivité », a affirmé Daye Diallo, vice-président du CPQ.
Les organisations réclament une mobilisation accrue de l’État, notamment par une meilleure intégration de la littératie dans les politiques de santé publique, un soutien renforcé aux populations vulnérables et une stratégie nationale de formation continue en milieu de travail.
Dans un contexte marqué par la transformation numérique et l’essor de l’intelligence artificielle, les auteurs estiment que la maîtrise de la lecture et de la compréhension devient un enjeu économique majeur pour le Québec.



