L’intelligence artificielle (IA) pourrait transformer en profondeur l’agriculture canadienne, mais son adoption demeure insuffisante pour permettre au pays de rester compétitif, selon un rapport publié jeudi par Financement agricole Canada (FAC), en collaboration avec Deloitte Canada.
L’étude estime que le Canada dispose d’atouts importants, notamment des capacités de recherche reconnues, un secteur agroalimentaire solide et un écosystème de technologies agricoles en croissance. Toutefois, ces avantages ne se traduisent pas encore par une utilisation généralisée de l’IA dans les exploitations agricoles et les entreprises agroalimentaires.
Selon les données citées dans le rapport, seulement 1,8 % des entreprises agricoles canadiennes utilisaient l’IA au deuxième trimestre de 2025, contre 12,2 % dans les autres secteurs de l’économie. Le Canada se classe également au 25e rang mondial pour les investissements privés en recherche et développement agricoles, derrière plusieurs pays du G7.
Le rapport identifie plusieurs obstacles à cette transition, notamment une connectivité limitée dans les régions rurales, un manque de main-d’œuvre qualifiée, des contraintes de financement ainsi qu’une gouvernance des données encore insuffisamment harmonisée.
Les auteurs recommandent de renforcer les infrastructures numériques, d’accroître les investissements dans l’innovation, de mieux coordonner les initiatives publiques et privées et d’établir un cadre réglementaire plus clair afin d’accélérer l’intégration de l’IA.
Selon le rapport, l’intelligence artificielle est déjà utilisée dans certains domaines comme l’agriculture de précision, la robotique, la génomique et la santé animale, où elle contribue à améliorer les rendements, optimiser l’utilisation des intrants et renforcer la traçabilité des chaînes d’approvisionnement.
FAC rappelle avoir annoncé un investissement de 2 milliards de dollars destiné à soutenir l’innovation en technologies agricoles et indique participer, avec plus de vingt organisations, à une initiative visant à mobiliser 5 milliards de dollars d’ici 2030 pour accélérer le développement du secteur agroalimentaire canadien.


