Il est né à Montréal il y a 27 ans, mais c’est bien à Toronto que Vladimir Guerrero fils continue d’écrire l’une des plus grandes histoires de la MLB canadienne. Après avoir raté six matchs en raison d’une commotion cérébrale, le premier-but étoile des Blue Jays a fait un retour attendu dans l’alignement le 22 août dernier, à Yankee Stadium, en plein cœur d’une lutte serrée pour une place en séries éliminatoires dans l’Association américaine.
Un coup de genou qui aurait pu tout changer
L’épisode qui a forcé Guerrero à l’écart du jeu s’est produit le 14 août, lors d’une séquence chaotique impliquant les Yankees de New York. Alors qu’un relais imprécis du premier-but adverse Luis Garcia fils filait le long de la troisième but, Guerrero s’était élancé vers le marbre pour tenter d’inscrire un point — récoltant au passage un coup de genou à la tête de la part de l’arrêt-court des Yankees, George Lombard fils. Malgré la collision, le Montréalais avait complété le jeu avant de quitter la rencontre, placé peu après sur la liste des blessés pour une période de sept jours.
Cette absence forcée n’aurait pas pu tomber à un pire moment pour l’attaque torontoise, qui a dû composer avec un amalgame de Kazuma Okamoto, Brandon Valenzuela et Charles McAdoo pour combler le vide laissé au premier but pendant six matchs.
Un retour réussi, dès le premier match
Après une escale au niveau Simple-A avec le club-école de Dunedin — où il a servi de frappeur désigné pour un match de réadaptation —, Guerrero a réussi tous les tests exigés par le protocole des commotions cérébrales. Il a fait son retour dans la formation partante le 22 août, à Yankee Stadium, dans le cadre d’une victoire de 4-3 des Blue Jays, où il a réussi deux coups sûrs en cinq présences au bâton, en plus de croiser le marbre une fois. Le gérant John Schneider n’a pas caché son soulagement, précisant que son joueur vedette se sentait bien même avant son détour à Clearwater, un signe encourageant selon lui.
Une saison en dents de scie
L’année 2026 n’aura pas été de tout repos pour le natif de Montréal. Avant sa blessure, Guerrero affichait une moyenne au bâton de ,263, avec sept circuits et 46 points produits en 115 matchs — des chiffres modestes comparativement à ses standards habituels, lui qui n’avait toujours pas cogné la moindre longue balle à domicile au Rogers Centre cette saison. Il avait toutefois entamé une remontée intéressante dans les matchs précédant sa blessure, affichant une moyenne de ,310 et une fiche de puissance (OPS) de ,782 lors de ses sept dernières sorties.
Face aux Yankees, en revanche, Guerrero a toujours été particulièrement dominant : une moyenne au bâton supérieure à ,300 et plus d’une vingtaine de circuits en carrière contre les Bombardiers du Bronx, incluant une série de division mémorable la saison dernière où il avait mené les siens avec trois circuits et neuf points produits en seulement quatre rencontres.
Une signature historique qui pèse lourd
Ce retour survient dans un contexte particulier pour la concession torontoise, qui a mise gros sur son joyau montréalais en avril 2025 en lui consentant une prolongation de contrat colossale de 14 ans et 500 millions de dollars américains — l’une des ententes les plus importantes de l’histoire du baseball majeur. Un investissement que les Blue Jays comptent bien rentabiliser cet automne, alors que l’équipe demeure engagée dans une lutte à finir pour le dernier laissez-passer de meilleur deuxième dans l’Association américaine, où elle tente de rattraper les Orioles de Baltimore — les Yankees, eux, occupent déjà bien plus confortablement une position de tête dans cette course.
Une Classique mondiale déjà disputée, sous le signe d’une promesse
Au-delà de la présente campagne, Guerrero a aussi honoré, plus tôt cette année, un engagement personnel : il a représenté la République dominicaine, et non le Canada, lors de la Classique mondiale de baseball, disputée en mars 2026 sous la direction du gérant Albert Pujols. Une décision motivée par une promesse faite à son père, Vladimir Guerrero père, intronisé au Temple de la renommée du baseball, qui n’avait jamais eu la chance de disputer le tournoi lui-même.
Pour l’instant, toutefois, c’est bien la course aux séries qui occupe toutes les pensées du Montréalais — et les Blue Jays, forts du retour de leur joueur le plus précieux, entendent bien profiter de cette dernière ligne droite pour confirmer leur place parmi l’élite de la Ligue américaine.



