On vous racontait en août comment l’opposition aux méga centres de données de l’IA se répandait au Canada. La même colère vient d’éclater, presque au même moment, dans une petite commune française. Cette fois, elle a coûté leur poste à cinq élus locaux.
Google veut construire son premier centre de données en pleine propriété sur le sol français, sur 195 hectares près de Châteauroux, dans l’Indre. Un complexe géant destiné à accueillir jusqu’à dix bâtiments de serveurs. La promesse : jusqu’à 1 200 emplois directs. Le prix à payer, selon les élus qui s’y opposent : une consommation électrique pouvant atteindre 1,1 gigawatt, soit plus que la production d’un réacteur nucléaire complet, dans un territoire qui ne dispose pas des infrastructures pour l’absorber.
La colère a atteint un sommet le 14 septembre, quand la mairesse d’Étrechet, la commune directement concernée, a démissionné avec quatre de ses adjoints. Un geste rarissime en politique municipale française. Dans leur lettre ouverte, ils dénoncent un dossier qui avance sans qu’ils aient le moindre moyen réel d’en infléchir le cours ni d’en garantir la transparence. Le président de la région, lui, s’interroge maintenant publiquement sur ce qu’un territoire reçoit vraiment en échange de ce qu’il sacrifie.
Étrechet n’est pas un cas isolé : le même mouvement de contestation (« Google go home! ») gagne actuellement l’Autriche contre un projet similaire, tandis qu’un autre data center, cette fois de Microsoft, se heurte à une mobilisation citoyenne en Alsace.
Pourquoi ça vous concerne : ce bras de fer entre emplois promis et ressources locales sacrifiées, on l’a déjà vu se dessiner ici. Que ce soit en France, en Autriche ou au Québec, la question posée par les citoyens reste étonnamment la même partout : qui profite vraiment de la ruée mondiale vers l’IA, et qui, localement, en paie la facture ?


