L’artiste-photographe Joan Sullivan a reçu le Prix du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) – Artiste de l’année 2026 au Bas-Saint-Laurent. Cette distinction, assortie d’une bourse de 15 000 dollars, récompense une démarche artistique singulière, à la croisée de la photographie, de la science et des enjeux environnementaux.
La photographe Joan Sullivan est la lauréate du Prix du CALQ – Artiste de l’année 2026 dans la région du Bas-Saint-Laurent. Le prix lui a été remis jeudi 29 octobre par Véronique Fontaine, présidente-directrice générale du Conseil des arts et des lettres du Québec, lors de l’événement « Unis par la culture : depuis 50 ans », organisé à l’occasion du cinquantenaire des conseils régionaux de la culture.
Cette distinction, décernée en collaboration avec Culture Bas-Saint-Laurent et Le Devoir, vient saluer un parcours artistique marqué par l’exploration des rapports entre l’être humain, la nature et les transformations environnementales.
Depuis une vingtaine d’années, Joan Sullivan développe une pratique photographique nourrie par les préoccupations liées à l’urgence climatique et à l’impermanence du monde. Son travail interroge notamment les bouleversements de l’Anthropocène, cette époque caractérisée par l’influence considérable des activités humaines sur les équilibres de la planète.
L’artiste cherche ainsi à déplacer le regard traditionnellement centré sur l’être humain pour envisager les transformations du monde à partir de la perspective des espèces non humaines, directement menacées par le réchauffement climatique.
Une démarche entre art et recherche scientifique
Formée en pratique artistique à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), Joan Sullivan a progressivement développé une approche interdisciplinaire. Elle multiplie les collaborations avec des musiciens, des poètes et des scientifiques, donnant naissance à des créations qui dépassent les frontières habituelles de la photographie.
Ses installations immersives associent notamment images, sons et expériences tactiles. Le spectateur est ainsi invité à appréhender les œuvres autrement que par la seule observation visuelle.
Sa réflexion artistique s’est également enrichie d’une collaboration continue avec des océanographes de l’Institut des sciences de la mer (ISMER) de l’UQAR. Le fleuve Saint-Laurent occupe une place centrale dans cette démarche, à la fois comme source d’inspiration et comme métaphore de la fragilité et du caractère éphémère des écosystèmes.
Installée dans le Bas-Saint-Laurent, Joan Sullivan poursuit aujourd’hui un travail de plus en plus orienté vers les installations éphémères et conceptuelles. Depuis 2026, elle siège également au Comité expert – Art public de la Ville de Rimouski.
Deux autres artistes en lice
Deux autres créatrices figuraient parmi les finalistes de cette édition.
La poète, linguiste et enseignante Aimée Lévesque a été distinguée pour son travail autour de l’écriture multilingue, de la poésie historique et écologiste ainsi que des formes performatives de lecture. Elle vient de publier son deuxième recueil aux éditions La Peuplade.
De son côté, Ito Laïla Le François explore les frontières entre beauté et laideur humaines à travers le verre et la sculpture. Titulaire d’une formation en métiers d’art, elle a notamment reçu, en 2015, une bourse de la Banque Royale du Canada destinée aux artistes émergents en verre, avant de décrocher le Prix du CALQ pour l’artiste émergente du Bas-Saint-Laurent en 2018. Son parcours compte une vingtaine d’expositions individuelles au Québec, ailleurs au Canada, en France et en Norvège.



