Après des années de dépendance presque totale envers les géants américains de la tech, la France vient d’enclencher un virage numérique d’envergure et le mouvement s’accélère beaucoup plus vite que prévu.
La DINUM, l’agence qui pilote le numérique de l’État français, abandonne progressivement Windows au profit de Linux, un système d’exploitation libre et gratuit. La CNAM (l’équivalent français de la RAMQ) prévoit à elle seule la migration de 80 000 employés vers ces nouvelles solutions. Autre symbole fort : le Health Data Hub, qui centralise les données de santé publique françaises, transfère ses données du cloud Microsoft Azure vers Scaleway, un fournisseur infonuagique… français. Même Mistral AI, le champion tricolore de l’intelligence artificielle, détache maintenant ses propres ingénieurs directement au sein des services de justice, de cybersécurité et de lutte contre la fraude.
La motivation dépasse la simple fierté nationale. Avec une dette publique qui atteint 118,5 % du PIB et une facture technologique de plus en plus lourde versée aux géants américains, la France atteint ses limites budgétaires — sans compter les inquiétudes juridiques sur qui contrôle réellement l’accès aux données sensibles des citoyens lorsqu’elles transitent par des entreprises soumises aux lois américaines.
Pourquoi ça vous concerne : le Québec vit un débat similaire depuis des années — Hydro-Québec, la Caisse de dépôt et plusieurs ministères utilisent encore massivement les services infonuagiques de Microsoft, Google et Amazon. Ce virage français, si les migrations tiennent leurs promesses techniques, pourrait bien devenir la référence que d’autres gouvernements francophones, y compris le nôtre, regarderont de très près.



