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La Semaine de la municipalité est lancée. Voici ce que l’été a révélé, dossier par dossier

Le ministère des Affaires municipales lance sa Semaine de la municipalité, sous le thème Votre municipalité, c’est plus que vous pensez. L’intention est louable : montrer aux citoyens les facettes souvent invisibles de l’action municipale. Cet été, on a justement suivi ces facettes invisibles, dossier par dossier. Le portrait qui en ressort mérite d’être résumé.

Le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation invite cette semaine la population à mieux comprendre le rôle essentiel des municipalités et des personnes qui y travaillent. C’est une invitation à laquelle on a déjà largement répondu, non pas par une campagne promotionnelle, mais par un suivi méthodique de ce qui se passe réellement dans les conseils d’arrondissement, les commissions parlementaires et les rapports de vérification qui touchent le Grand Montréal.

Le premier constat de cet été, c’est que plusieurs engagements municipaux avancent plus lentement, et plus difficilement à suivre pour le public, que ne le laissaient présager leurs annonces initiales.

La promesse d’atteindre trente millions de dollars pour le Conseil des arts de Montréal d’ici 2028, l’engagement de livrer deux mille logements de transition pour les personnes itinérantes et le chantier fiscal sur le partage des coûts entre Montréal et ses villes liées, lancé dès 2023, sont trois dossiers de nature différente. Un engagement budgétaire déjà partiellement honoré, une promesse électorale encore loin d’être réalisée, un chantier institutionnel de longue haleine. Mais ils partagent un même défi de reddition de comptes : entre l’annonce d’une cible et sa réalisation, il reste souvent difficile pour le public de mesurer rapidement où en sont les choses, sans qu’un journaliste ou un vérificateur ne pose la question directement.

Le second constat touche à la vitesse de réaction des institutions municipales face à leurs propres erreurs.

Le rapport de la vérificatrice générale sur les remboursements en double aux élus, le rapport de l’ombudsman qui répète, six ans plus tard, la même recommandation sur la consultation avant les réaménagements de rue, ou encore l’entente avec les pompiers conclue plus de deux ans et demi après l’échéance de leur convention collective, illustrent tous la même dynamique : les correctifs arrivent, mais rarement avant qu’un audit externe ou une pression publique suffisante ne les rende inévitables.

Le troisième constat, plus encourageant, c’est qu’on trouve aussi des exemples d’institutions qui ajustent leurs façons de faire.

Pierrefonds-Roxboro, qui a lancé cette semaine une campagne de communication avant l’implantation de la collecte aux deux semaines plutôt qu’après, offre un exemple de communication faite en amont d’un changement de service, dans un arrondissement qui n’avait pas connu la même controverse que d’autres avant lui. Le SPVM, qui a fini par annoncer l’implantation de caméras corporelles après des années d’attente et un premier projet pilote resté sans suite, montre qu’une pression soutenue peut éventuellement produire un résultat concret, même si le chemin pour y arriver reste souvent plus long que nécessaire.

Le quatrième constat, peut-être le plus important, touche à la nature même de la gouvernance métropolitaine.

Des dossiers aussi variés que le financement du transport collectif, la répartition des revenus des radars photo, ou le partage des coûts d’agglomération montrent qu’une bonne partie des décisions qui affectent le quotidien des Montréalais ne se prennent pas uniquement à l’hôtel de ville, mais dans un enchevêtrement de compétences municipales, métropolitaines et provinciales où la reddition de comptes se dilue facilement d’un palier à l’autre.

Ce que cette Semaine de la municipalité devrait inspirer, au delà des activités de sensibilisation prévues cette semaine.

Montrer aux citoyens que leur municipalité fait plus qu’ils ne le pensent est un objectif valable. Mais la meilleure façon d’y parvenir n’est pas une campagne de communication ponctuelle, aussi bien intentionnée soit-elle : c’est un accès constant et facilité aux mêmes outils que ce journal a dû assembler patiemment cet été, rapports de vérification, procès-verbaux de commissions, données de suivi promises mais rarement publiées à temps. Une municipalité qui veut vraiment être comprise n’a pas besoin d’une semaine par année pour le démontrer. Elle a besoin de publier, chaque semaine, les données qui permettent à sa population de vérifier elle-même si les promesses tiennent la route.

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