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L’étonnante ascension de Nadia Cardin : De la MRC de Maskinongé au sommet du sumo mondial

Il y a moins de deux ans, Nadia Cardin n’avait jamais mis les pieds dans un dojo. Aujourd’hui, cette Québécoise de 36 ans peut se targuer d’un titre que peu d’athlètes de la province peuvent revendiquer : championne de l’Empire Cup de New York dans la prestigieuse catégorie des poids ouverts, elle s’apprête maintenant à représenter le Canada aux Championnats du monde de sumo, à Bakou, en Azerbaïdjan.

Un coup de foudre pour un sport méconnu

Ancienne coordonnatrice à la MRC de Maskinongé, Cardin a découvert le sumo un peu par hasard, après être tombée sur un reportage de Radio-Canada consacré à un club de sumo à Vancouver. Intriguée, elle s’est demandé si une telle discipline existait aussi à Montréal et a découvert que le Montréal Sumo Club se trouvait à deux coins de rue de chez elle. Ce qui devait être une simple curiosité s’est rapidement transformé en véritable passion. Dès son premier essai, elle a tout aimé, tant l’esprit de communauté qui règne dans ce sport que la discipline elle-même, qui valorise ouvertement la diversité corporelle. Une philosophie aux antipodes de bien des sports plus traditionnels.

Cette approche a eu un effet profond sur la relation que Cardin entretenait jusque-là avec son propre corps. « Le sumo est un sport où tous les corps sont libres d’être et d’exister tels qu’ils le sont, puis qu’on travaille le sport en fonction de ça. C’est un sport de rapidité, de force et de technique », a-t-elle expliqué, précisant que la discipline ne cherche jamais à modifier le physique de ses pratiquants, mais plutôt à en tirer parti pour développer force, résilience et technique. Pour une femme dont le rapport à l’image corporelle avait longtemps été complexe, le sumo est venu, selon ses propres mots, la réconcilier avec elle-même.

L’or à l’Empire Cup de New York

C’est à l’Empire Cup, disputée le 16 mai 2026 à Japan Village, dans le quartier de Sunset Park à Brooklyn, que Cardin a signé l’exploit qui l’a propulsée sur la scène internationale : une médaille d’or dans la catégorie reine des poids ouverts, à peine un an et demi après ses tout premiers pas dans le sport et dès sa toute première compétition. Une performance d’autant plus remarquable qu’elle est survenue face à des concurrentes aguerries, dans une discipline où l’expérience compte généralement pour beaucoup.

Cette première saison de compétition, Cardin l’a elle-même qualifiée d’exploration — une occasion de mesurer son propre niveau face à des athlètes d’autres pays. Le résultat a manifestement dépassé ses attentes : elle se prépare maintenant à représenter le Canada aux Championnats du monde de sumo, qui se tiendront les 17 et 18 octobre 2026 à Bakou, en Azerbaïdjan, devant des sumotoris venus d’une trentaine de pays.

Un sumo au féminin qui prend racine à Montréal

L’histoire de Cardin illustre également un phénomène plus large : celui de l’essor tranquille du sumo féminin francophone à Montréal, un sport encore largement associé à ses origines japonaises et à ses pratiquants masculins traditionnels. Le Montréal Sumo Club, où Cardin a fait ses premiers pas, contribue ainsi à faire connaître cette discipline à une nouvelle génération d’athlètes québécoises, plusieurs d’entre elles découvrant, comme Cardin, un sport où la performance prime sur les standards esthétiques habituels.

Direction Bakou

Pour une athlète qui ne pratiquait pas le sumo il y a deux ans à peine, le parcours de Nadia Cardin dépasse déjà largement le cadre de la simple performance sportive. Il incarne une redécouverte de soi à travers un sport encore méconnu au Québec. Alors qu’elle se prépare à fouler le tapis des Mondiaux à Bakou, son parcours prouve, du dojo montréalais où tout a commencé jusqu’à la scène internationale, qu’il n’est jamais trop tard pour se découvrir une nouvelle passion, aussi improbable soit-elle.

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