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La taxe locale du centre-ville grimpe, et la facture de l’entretien commence à arriver

La mairesse a annoncé une hausse de 10 % de la taxe locale au centre-ville, à quelques semaines du dépôt du budget 2027 de la Ville. Le chiffre frappe, mais le vrai débat est ailleurs.

Le Plateau-Mont-Royal a de son côté adopté un budget 2027 comportant une hausse de 11,5 % de sa taxe locale. Deux arrondissements, deux hausses à deux chiffres, avant même que la Ville centrale ait présenté son propre budget.

Ce que mesure ce pourcentage, et ce qu’il ne mesure pas

La taxe locale ne représente qu’une portion du compte de taxes municipales. L’essentiel de la facture dépend du budget de la Ville, qui n’est pas encore déposé. Une hausse de 10 % sur cette portion n’équivaut donc pas à une hausse de 10 % de la facture totale. Les pourcentages isolés risquent de créer plus d’inquiétude que d’information, et ce journal préfère attendre les chiffres complets avant de conclure sur le fardeau réel des propriétaires.

Ces hausses locales ne sont pas inédites. En 2024, plusieurs arrondissements avaient déjà adopté des hausses de taxe locale à deux chiffres : 9,8 % au Plateau, 11,3 % à Rosemont–La Petite-Patrie, 15,3 % à Anjou. Ville-Marie était alors à 5 %. Le saut annoncé cette année n’en reste pas moins important.

Un message qui force à parler d’entretien

L’administration invoque les besoins d’entretien des infrastructures, un enjeu que ce journal documente depuis l’été. Ces retards ne se règlent pas gratuitement. Dire aux contribuables que l’entretien a un prix vaut mieux que prétendre le contraire.

Une promesse de campagne mise à l’épreuve

Pendant la campagne, Soraya Martinez Ferrada s’était engagée à limiter les hausses de taxes à l’inflation, qu’elle estimait alors « autour de 2 % ». Son premier budget, celui de 2026, a limité à 3,4 % la hausse des charges fiscales relevant de la Ville centre, ce qui correspond à l’inflation régionale observée. Avec les taxes d’arrondissement, la hausse moyenne du compte résidentiel a toutefois atteint 3,8 %. Ville-Marie s’en tirait avec 2,0 % pour l’ensemble du compte résidentiel. Passer à 10 % sur la seule taxe locale représente un changement d’échelle que l’administration devra expliquer plus clairement qu’en invoquant l’entretien. Elle devra aussi préciser ce que ce chiffre donnera sur le compte total.

Les économies promises : où en est-on ?

Le budget 2026 liait à l’abolition de 1000 postes dans les services centraux des économies de 79 millions de dollars. La Ville s’est engagée à réduire graduellement ses effectifs de 1000 postes sur quatre ans, et le directeur général, Alain Dufort, en poste depuis le 17 août, dirige une administration qui a pris cet engagement. Ces mesures étaient présentées comme la contrepartie des hausses de taxes. Nous n’avons pas trouvé de bilan consolidé de leur réalisation. L’administration devrait en publier un avant d’en demander davantage aux contribuables.

Ce que l’administration devrait publier avant le vote du budget

Trois informations s’imposent : l’impact en dollars de ces hausses pour un ménage et pour un commerce type, un bilan chiffré des économies et de la réduction de postes, et une piste concrète pour réduire la dépendance à la taxe foncière. Sans ces éléments, la hausse de 10 % restera un chiffre difficile à justifier, et la promesse d’une hausse limitée à l’inflation sera de moins en moins mesurable.

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