Cyberattaques, explosion de la demande numérique, pressions réglementaires et coûts colossaux : le secteur canadien des télécommunications affirme être arrivé à un « point de rupture ».
Réunis mercredi à Ottawa par Association canadienne des télécommunications et la GSMA, les grands dirigeants du secteur doivent débattre de l’avenir des infrastructures numériques du Canada, dans un contexte marqué par l’accélération des besoins en connectivité et les inquiétudes liées à la sécurité.
Les organisateurs décrivent un moment décisif pour le pays. Derrière les réseaux 5G, l’intelligence artificielle et l’économie numérique se cache une réalité moins visible : les opérateurs affirment devoir investir massivement pour maintenir des réseaux performants, tout en faisant face à une rentabilité en baisse et à une pression réglementaire croissante.
« Le Canada dépend plus que jamais de la connectivité », a déclaré Robert Ghiz, président de l’Association canadienne des télécommunications. Selon lui, les fournisseurs doivent simultanément étendre les infrastructures, renforcer la cybersécurité et répondre à des cybermenaces de plus en plus sophistiquées.
Au centre des discussions : la gestion du spectre radioélectrique, les investissements dans les réseaux de prochaine génération, la couverture des régions éloignées et la lutte contre les fraudes numériques.
L’événement survient alors que plusieurs pays réévaluent leurs infrastructures stratégiques face aux tensions géopolitiques et aux risques de dépendance technologique. Les télécommunications sont désormais perçues comme un enjeu de souveraineté économique et de sécurité nationale autant qu’un service commercial.
La conférence met aussi en lumière une inquiétude grandissante : la capacité du Canada à demeurer compétitif dans la course mondiale au numérique. Malgré la réputation de qualité de ses réseaux, l’industrie estime que les conditions actuelles pourraient ralentir les investissements nécessaires pour soutenir l’explosion des usages liés à l’IA, au cloud et aux objets connectés.
Pour Lara Dewar, directrice marketing de la GSMA, la question dépasse désormais la simple technologie. « Les infrastructures de connectivité sont essentielles à la résilience économique et à l’innovation », a-t-elle affirmé.
Derrière les débats techniques, le message est clair : dans l’économie numérique mondiale, le retard technologique pourrait coûter cher au Canada.



