L’un porte la mémoire des pensionnats autochtones. L’autre a passé sa vie à rendre la science compréhensible au grand public. Cette semaine, Institut national de la recherche scientifique a choisi d’honorer deux figures marquantes du Québec contemporain : le leader anicinabe Richard Ejinagosi Kistabish et la vulgarisatrice scientifique Sophie Malavoy.
Les deux personnalités recevront un doctorat honorifique lors de la collation des grades de l’INRS, prévue le 23 mai à Québec, devant la plus importante cohorte de diplômés de l’histoire de l’établissement.
Ancien chef de communauté et militant engagé pour les droits autochtones, Richard Ejinagosi Kistabish est reconnu pour son rôle dans la collecte de centaines de témoignages de survivants des pensionnats, un travail ayant contribué à la Commission de vérité et réconciliation du Canada. Aujourd’hui président de la Commission canadienne pour l’UNESCO, il milite activement pour la préservation des langues autochtones.
« Si les voix autochtones trouvent aujourd’hui davantage leur place dans nos universités, c’est grâce à des personnes comme lui », a déclaré Luc-Alain Giraldeau, directeur général de l’INRS.
Face à lui, Sophie Malavoy représente une autre forme de transmission : celle du savoir scientifique. Ingénieure chimiste de formation, journaliste, autrice et réalisatrice, elle a dirigé pendant seize ans le Cœur des sciences de l’UQAM, contribuant à plus de mille activités de vulgarisation.
Décorée de la Légion d’honneur, elle est devenue au fil des années l’une des grandes figures québécoises du dialogue entre science et société.
L’INRS profitera également de cette cérémonie pour nommer Jean-Pol Dodelet professeur émérite, saluant ses travaux mondialement reconnus sur les piles à combustible.
Au-delà des distinctions académiques, cette cérémonie met en lumière deux combats devenus centraux au Québec : la reconnaissance des savoirs autochtones et la défense de la culture scientifique dans un monde saturé de désinformation.



