Le Commissaire à la langue française estime que les mécanismes mis en place par le gouvernement québécois pour appliquer la Charte de la langue française ne permettent pas d’atteindre les objectifs prévus par la loi, notamment dans les services publics et les milieux de travail.
Dans deux rapports publiés mercredi, l’organisme affirme que plusieurs ministères et organismes continuent d’offrir des services bilingues français-anglais « au choix », malgré l’obligation d’utiliser exclusivement le français depuis juin 2023, sauf exceptions prévues par la Charte.
Le rapport sur l’exemplarité de l’État souligne notamment une hausse des codes linguistiques associés à l’anglais dans plusieurs organismes publics évalués. Il critique également le maintien de sites Web et d’espaces sécurisés largement bilingues.
« Les principaux organismes publics évalués continuent généralement d’offrir, partout au Québec, des services directs à la population en français et en anglais, au choix, sans véritable vérification ni contrôle », a déclaré le commissaire adjoint Éric Poirier.
Le second rapport, consacré à la francisation des entreprises, conclut que les programmes actuels manquent d’objectifs mesurables et de mécanismes de suivi efficaces.
Selon le Commissaire, plusieurs entreprises employant du personnel non francophone ne fixent aucun seuil précis quant au nombre de travailleurs devant apprendre le français ni d’échéancier concret pour atteindre leurs cibles linguistiques.
L’organisme estime que le contexte linguistique québécois a profondément changé depuis l’adoption de la Charte en 1977, notamment avec l’augmentation du bilinguisme chez les jeunes et une immigration moins majoritairement francophone.
Le Commissaire recommande à Office québécois de la langue française de revoir son approche afin d’imposer des objectifs chiffrés aux entreprises et, dans certains cas, d’exiger la connaissance du français dès l’embauche.


