Le Regroupement des intervenants et intervenantes d’origine haïtienne (RIIOH) propose cinq recommandations pour restaurer la confiance envers le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), à la suite des révélations sur des actes et comportements à caractère raciste et haineux impliquant seize policiers du poste de quartier 39 (PDQ 39) de Montréal-Nord.
L’organisme estime que cette affaire soulève des enjeux plus larges que les seules sanctions disciplinaires, touchant notamment l’imputabilité des institutions, le profilage racial et les relations entre la police et la population.
Le RIIOH recommande d’abord la mise en place, à titre expérimental pendant cinq ans, d’une direction civile à la tête du PDQ 39, chargée de la gestion administrative et stratégique du poste. L’organisme suggère également la création d’un comité indépendant de vigie citoyenne chargé de suivre les interpellations, les plaintes liées au profilage racial et de publier un bilan annuel.
Le regroupement invite aussi la Ville de Montréal à adopter une approche de « sécurité par le développement », misant sur le renforcement des organismes communautaires, l’employabilité, la réussite scolaire, la médiation et le développement économique local.
Par ailleurs, il demande que les policiers reconnus responsables d’actes racistes ou haineux fassent l’objet de sanctions proportionnelles à la gravité des faits, pouvant aller jusqu’à la destitution lorsque le cadre légal le permet.
Enfin, le RIIOH propose la création d’un mécanisme indépendant de signalement et d’accompagnement des personnes s’estimant victimes ou témoins de profilage racial, de discrimination ou de comportements policiers répréhensibles.
L’organisme affirme avoir déjà amorcé un dialogue avec le directeur du SPVM, Fady Dagher, ainsi qu’avec des élus et des acteurs communautaires afin de discuter de ces pistes de solution. Selon le RIIOH, le rétablissement de la confiance passe par des changements « visibles, mesurables et durables » plutôt que par de simples déclarations.



