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Les Mondiaux de cyclisme ont commencé. La transparence financière promise, elle, ne l’est toujours pas

On s’interrogeait, le 31 juillet dernier, sur l’absence de chiffres cohérents et de ventilation claire du financement des Championnats du monde de cyclisme sur route UCI. Près de deux mois plus tard, l’événement vient tout juste de commencer, l’autoroute Bonaventure est fermée depuis samedi, et la question de fond demeure sans réponse.

Depuis samedi et jusqu’à mardi, l’autoroute 10, mieux connue sous le nom de Bonaventure, est complètement fermée en direction du centre-ville, selon des horaires variables d’une journée à l’autre, en prévision des Championnats du Monde Route UCI Montréal 2026. Le pont Samuel-De Champlain suivra le même sort en direction de Montréal les 26 et 27 septembre. Ce sont des fermetures majeures, qui touchent directement les déplacements quotidiens de dizaines de milliers de Montréalais, au nom d’un événement dont la valeur économique reste, encore aujourd’hui, difficile à cerner avec précision.

Le chiffre des retombées économiques s’est au moins stabilisé, ce qui constitue une amélioration par rapport à cet été.

Ce journal soulignait en juillet un écart troublant entre deux estimations. La Ville de Montréal évoquait encore en avril dernier des retombées de 76 millions de dollars sur le PIB de la métropole, tandis que d’autres documents, dont ceux du gouvernement fédéral, chiffraient l’impact économique à plus de 170 millions de dollars pour le Québec. Aucune méthodologie commune n’a jamais été présentée pour justifier un tel écart. À la veille du coup d’envoi, la porte-parole de Tourisme Montréal a finalement confirmé un chiffre unique et cohérent, fixé à environ 155 millions de dollars, avec un taux d’occupation hôtelière moyen de 90 pour cent, grimpant à 95 pour cent lors des fins de semaine de compétition. Que ce chiffre soit désormais repris de façon uniforme par l’organisme, plutôt que de varier d’un communiqué à l’autre, constitue un progrès réel. La méthodologie ayant permis d’y arriver, elle, demeure toujours absente des documents publics consultés.

Mais la question la plus importante posée cet été n’a toujours pas trouvé de réponse.

Ce journal rappelait que le comité organisateur évaluait le financement public à environ 75 pour cent du budget nécessaire, laissant un quart du financement total à combler par des sources privées jugées impératives pour boucler le montage financier. Plus de deux ans après l’annonce initiale, et alors que l’événement est officiellement lancé, certains montants publics ont bien été rendus publics au fil du temps : treize millions de dollars du gouvernement fédéral, une contribution du ministère de l’Éducation du Québec, un soutien en biens et services de la Ville de Montréal. Aucune mise à jour consolidée ne permet toutefois de déterminer si la portion privée visée a effectivement été comblée, ni à quelle hauteur. Un événement qui ferme une autoroute complète pendant plusieurs jours consécutifs, en plein cœur de la rentrée, ne devrait pas laisser planer un doute sur le quart de son propre financement au moment même où il se déroule.

Le contexte de fermetures routières rend cette opacité financière d’autant plus difficile à justifier auprès de la population qui subit les inconvénients.

Les commerçants et les hôteliers, cités par Le Devoir à la veille de l’événement, espèrent que la manne annoncée se concrétisera réellement. Ils reconnaissent du même souffle que la promesse de rayonnement pour la métropole ne vaut que si les gens peuvent encore circuler et se rendre dans leurs commerces. C’est précisément la tension que ce journal soulevait en juillet : un chiffre de retombées, aussi impressionnant soit-il sur papier, ne compense les inconvénients concrets vécus par la population que si son financement et sa gestion sont exposés avec la même clarté que les fermetures de rues elles-mêmes.

Ce que Montréal doit livrer une fois les Mondiaux terminés, le 27 septembre.

Une fois les célébrations passées et les rues rouvertes à la circulation normale, l’administration Martinez Ferrada devrait publier un bilan financier complet et détaillé de l’événement. Ce bilan devrait inclure la part réellement comblée par le financement privé et le coût total assumé par le gouvernement fédéral, le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal, ainsi que les contributions de Tourisme Montréal et des autres partenaires. Un chiffre de retombées cohérent à l’avance ne suffit pas : la population montréalaise, qui a composé avec des fermetures d’autoroutes pendant plus d’une semaine, mérite un bilan tout aussi précis une fois la poussière retombée sur le peloton.

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