Ce matin, au Texas, une fusée haute comme un immeuble de 40 étages a fait ce qu’aucun de ses 13 prédécesseurs n’avait réussi : se placer en orbite autour de la Terre.
Starship, la mégafusée de SpaceX, a décollé de Starbase vers 7 h 48, heure locale, pour son quatorzième vol d’essai. Environ vingt-cinq minutes plus tard, elle a atteint l’orbite et déployé 26 satellites Starlink de nouvelle génération (les « V3 »), sous les applaudissements des ingénieurs présents sur place. C’est la première fois que le vaisseau accomplit une vraie mise en orbite. Jusqu’ici, tous ses essais suivaient des trajectoires dites « passivement sûres » : sans nouvel allumage de moteur, l’appareil retombait de lui-même dans une zone prévue à l’avance.
Le vol n’a pas été parfait pour autant. Un des moteurs du vaisseau s’est éteint durant l’ascension, mais l’engin a poursuivi sa route. Le premier étage, lui, a réalisé un amerrissage en douceur au large de la côte texane.
Cette réussite ouvre la voie à des étapes autrement plus ambitieuses : ravitaillement en carburant en orbite, retour d’astronautes américains sur la Lune, et un projet plus inattendu, annoncé par la directrice des opérations de SpaceX : lancer dès 2027 des satellites de calcul destinés à faire tourner de l’IA depuis l’espace. La fusée est aussi un test pour la toute jeune entreprise cotée en Bourse : SpaceX a fait une entrée remarquée à Wall Street en juin dernier.
Pourquoi ça vous concerne : ce vol relie deux histoires qu’on suit depuis des semaines dans cette chronique — la ruée vers l’IA et la pression qu’elle exerce sur l’électricité et les centres de données terrestres. Si envoyer des serveurs en orbite devient réaliste, une partie de la réponse aux inquiétudes des citoyens pourrait venir… du ciel.



