Les Mondiaux de Montréal se sont refermés dimanche sur un dénouement que presque personne n’avait vu venir. L’Américain Brandon McNulty, 28 ans, a survécu à un raid solitaire de 32 kilomètres pour remporter la course en ligne élite masculine des Championnats du monde de cyclisme sur route UCI. Il offre aux États-Unis un premier titre mondial élite chez les hommes depuis 1993. Il l’a fait sur des routes qu’il connaît bien : il avait remporté le Grand Prix cycliste de Montréal en 2025.
Une course sans temps mort
Sur 273,4 kilomètres entre Brossard et Montréal, l’épreuve n’a jamais connu de véritable accalmie. Les attaques se sont enchaînées loin de l’arrivée, Mathieu van der Poel étant l’un des principaux animateurs. Les groupes de favoris se sont formés puis défaits, et personne n’a réussi à imposer son tempo.
C’est dans ce désordre que McNulty a frappé. À 32 kilomètres de l’arrivée, juste après un regroupement à l’avant, le coureur d’UAE Team Emirates-XRG a profité de la supériorité numérique américaine pour s’isoler, alors que ses poursuivants s’observaient. Son coéquipier en équipe nationale Matteo Jorgenson, resté dans le groupe des poursuivants, a marqué les adversaires pour protéger son échappée.
Un final à suspense
Le scénario n’a pourtant rien eu d’une promenade. McNulty comptait 1 min 03 d’avance avec deux tours à parcourir, mais l’écart a fondu par moments jusqu’à 35 secondes. Il est même tombé à une dizaine de secondes dans la dernière ascension de la voie Camillien-Houde, au mont Royal. McNulty a tenu bon. « Il fallait un miracle », a-t-il expliqué, admettant ne pas y avoir cru avant les tout derniers mètres.
Il a franchi la ligne seul après 6 h 17 de course, avec 13 secondes d’avance sur l’Australien Michael Matthews, deuxième, et le Néerlandais Mathieu van der Poel, troisième. Van der Poel, champion du monde en 2023, complète le podium.
Les favoris tombent un à un
La journée a été cruelle pour les grands noms attendus. Remco Evenepoel, qui venait de s’offrir un quatrième titre consécutif au contre-la-montre et rêvait d’un doublé inédit chrono-course en ligne, a terminé douzième. Son compatriote Wout van Aert a fini 28e, pour une grosse déception du côté belge.
Le jeune Français Paul Seixas, 20 ans, espérait devenir le plus jeune champion du monde de l’histoire. Aux prises avec des crampes, il a terminé 15e, à plus de deux minutes. Le grand absent était Tadej Pogačar : le double champion du monde en titre, blessé à la suite d’une chute à la Vuelta, n’a pas pris le départ à Montréal.
Un sacre qui en dit long sur la course
L’ironie du scénario n’échappe à personne : McNulty est le coéquipier de Pogačar chez UAE Team Emirates-XRG, et c’est en l’absence de son leader qu’il a décroché le maillot arc-en-ciel. Quatrième du contre-la-montre une semaine plus tôt, il devient le premier Américain à s’imposer dans cette épreuve depuis Lance Armstrong, en 1993.
Montréal a tenu son rôle
Pour la métropole, cette clôture spectaculaire referme huit jours de compétition qui ont vu défiler l’élite mondiale, du 20 au 27 septembre. Le circuit du mont Royal a produit exactement ce que ses promoteurs promettaient : une épreuve sélective, imprévisible et décidée dans les derniers kilomètres. Cinquante-deux ans après les Mondiaux de 1974, Montréal aura offert au cyclisme mondial un dénouement dont on parlera longtemps.



