Les Nations unies ont lancé mercredi un appel urgent à la mobilisation internationale face à un épisode d’El Niño qui pourrait atteindre une intensité exceptionnelle et aggraver l’insécurité alimentaire de jusqu’à 50 millions de personnes.
Le phénomène climatique, caractérisé par un réchauffement inhabituel des eaux du Pacifique équatorial, pourrait provoquer des sécheresses prolongées dans certaines régions, des pluies torrentielles dans d’autres et des perturbations des récoltes sur plusieurs continents.
« L’épisode El Niño actuel pourrait être d’une intensité sans précédent », a averti Celeste Saulo, directrice de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), évoquant des niveaux susceptibles de dépasser les références utilisées depuis quatre décennies.
Les conséquences pourraient particulièrement toucher l’Amérique latine, l’Afrique orientale et australe, ainsi que certaines régions d’Asie et du Pacifique. Selon les estimations présentées par l’ONU, les pertes économiques en Afrique pourraient atteindre 10 à 20 milliards de dollars, tandis que la croissance du produit intérieur brut pourrait reculer de 1 % à 2 %.
Tom Fletcher, chef des opérations humanitaires des Nations unies, a exhorté les gouvernements, les banques de développement et les institutions financières à débloquer des fonds avant que les catastrophes ne surviennent. L’objectif est de protéger les récoltes, les troupeaux et les moyens de subsistance des populations vulnérables.
Les deux prochaines semaines seront déterminantes pour préparer les régions exposées, notamment la Corne de l’Afrique, où la Somalie, l’Éthiopie et le Kenya doivent anticiper les fortes pluies, et l’Afrique australe, où la protection du bétail et la distribution de semences figurent parmi les priorités.
L’ONU a déjà débloqué plus de 50 millions de dollars de son Fonds central d’intervention d’urgence au profit de onze pays, dont le Tchad, le Salvador, l’Éthiopie, la Somalie et le Soudan du Sud.
Les responsables humanitaires redoutent que les destructions agricoles et les pertes de revenus prolongent la crise bien après la fin du phénomène. La baisse de l’aide internationale et les difficultés économiques de nombreux pays risquent également de réduire leur capacité à répondre aux besoins.
« Nous ne pouvons pas arrêter El Niño, mais nous pouvons prévenir bon nombre de ses pires conséquences humaines », a souligné Celeste Saulo, appelant à privilégier l’anticipation plutôt que les interventions d’urgence après les catastrophes.



