Plusieurs dirigeants africains ont profité du débat général de la 81e Assemblée générale de l’ONU pour réclamer une représentation accrue du continent dans les institutions internationales et davantage de contrôle sur ses ressources et les nouvelles technologies.
« Le monde de 1945 n’est plus », a déclaré la Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, appelant à une évolution des institutions internationales face aux transformations géopolitiques, numériques et climatiques. Kinshasa réclame notamment une participation accrue des pays en développement à l’élaboration des règles encadrant l’intelligence artificielle.
Au Niger, le Premier ministre Ali Lamine Zeine a livré une critique plus sévère du système international, dénonçant ce qu’il considère comme une dépendance persistante de l’Afrique à l’aide extérieure et une exploitation de ses ressources au profit d’intérêts étrangers. Le Mali, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Diop, a également dénoncé une application jugée sélective du droit international et des rapports de domination.
Bamako et Niamey privilégient désormais, avec le Burkina Faso, la Confédération des Etats du Sahel (AES) comme cadre de coopération, tout en affirmant vouloir travailler avec les partenaires respectant leurs choix souverains.
Le Sénégal défend une approche différente. Son président, Bassirou Diomaye Faye, a appelé à renforcer l’ONU, l’Union africaine et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), notamment face aux violences au Sahel.
Sur le plan économique, plusieurs dirigeants ont également insisté sur la transformation locale des matières premières. La Guinée équatoriale et la Guinée ont plaidé pour une industrialisation accrue et des partenariats permettant aux pays africains de développer leurs propres chaînes de valeur.
Ces prises de position, malgré des approches différentes, convergent autour de plusieurs revendications : une représentation accrue dans les institutions internationales, une plus grande maîtrise des ressources et une participation plus importante à l’élaboration des règles mondiales.


