Le gouvernement fédéral accorde une contribution remboursable de 4,4 millions de dollars à AquaBoréal pour soutenir son projet d’élevage terrestre de saumon de l’Atlantique à Baie-Trinité. Cette initiative, qui vise à développer une nouvelle capacité de production au Québec, entend conjuguer innovation aquacole, diversification économique régionale et autonomie alimentaire.
Un nouveau coup de pouce financier pour l’aquaculture québécoise. Le gouvernement du Canada accorde une contribution remboursable de 4,4 millions de dollars à AquaBoréal afin de soutenir le développement de son projet d’élevage terrestre de saumon de l’Atlantique à Baie-Trinité, sur la Côte-Nord.
Annoncé lundi 2 novembre, ce financement est octroyé par Développement économique Canada pour les régions du Québec (DEC), dans le cadre du Programme de croissance économique régionale par l’innovation (CERI) et de l’Initiative régionale de réponse tarifaire (IRRT).
Pour l’entreprise dirigée par Léopold Landry, cette contribution doit permettre de poursuivre les travaux préparatoires à la réalisation des infrastructures, notamment l’ingénierie détaillée et la préparation de la construction.
Le projet repose sur une technologie d’aquaculture en recirculation, connue sous le sigle RAS (Recirculating Aquaculture System), qui permet d’élever des poissons dans des installations terrestres où l’eau est filtrée et réutilisée. AquaBoréal prévoit ainsi produire du saumon de l’Atlantique en eau salée, sans dépendre directement des installations d’élevage en mer.
« Nous voulons démontrer qu’il est possible de produire ici une part significative du saumon consommé par les Québécois et les Canadiens », affirme le président de l’entreprise, Léopold Landry, qui voit dans cette initiative une occasion de développer une nouvelle activité économique sur la Côte-Nord.
La Côte-Nord à la recherche de nouveaux moteurs économiques
Au-delà de l’investissement industriel, AquaBoréal ambitionne de contribuer à la diversification de l’économie du Québec Maritime, dans un contexte où certaines activités traditionnelles liées aux pêches connaissent des difficultés.
Le développement d’une filière aquacole terrestre pourrait favoriser la création d’emplois spécialisés, stimuler les activités des fournisseurs régionaux et renforcer l’expertise québécoise dans les technologies de production alimentaire.
La participation des Premières Nations innues constitue également une dimension importante du projet. L’entreprise souligne la portée culturelle et identitaire du saumon pour les communautés autochtones et évoque des possibilités de collaboration et de retombées régionales.
Un projet déjà autorisé par Québec
AquaBoréal a franchi plusieurs étapes réglementaires et techniques. En mars 2026, le gouvernement du Québec a autorisé la réalisation du projet par décret, à la suite du processus d’évaluation environnementale et des travaux du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).
L’entreprise indique également avoir obtenu l’appui du Plan Nord et confirmé l’accès aux sept mégawatts de puissance électrique nécessaires à sa première phase de développement.
La contribution fédérale de 4,4 millions de dollars vient donc soutenir la poursuite des démarches précédant la construction. Il s’agit toutefois d’un financement remboursable et non d’une subvention non remboursable.
À terme, AquaBoréal souhaite participer à l’émergence d’une nouvelle filière de production de saumon au Québec. Un pari industriel qui s’inscrit dans les débats sur la sécurité alimentaire, la dépendance aux importations et la capacité des régions à développer des activités économiques à forte valeur ajoutée.
La concrétisation du projet et sa capacité à atteindre les volumes de production envisagés constitueront les prochaines étapes déterminantes de cette ambition.


