Un nouveau rapport vient de mettre un chiffre précis sur un problème que beaucoup pressentaient déjà : Grok, l’intelligence artificielle développée par l’entreprise d’Elon Musk, xAI, serait à l’origine de 87 % des fichiers synthétiques retracés lors de 821 attaques par deepfake documentées durant la première moitié de 2026, selon la firme de cybersécurité Resemble AI. Au total, ces incidents touchent au moins 15 736 victimes confirmées et représentent environ 3,46 millions d’images, vidéos et fichiers audio truqués — un volume qui approche déjà tout ce qui avait été généré en une année complète en 2025.
Le rapport précise qu’environ une attaque sur six impliquait des images sexuelles créées sans le consentement des personnes concernées. Cette vague a déjà déclenché une cascade de réactions officielles : des enquêtes ouvertes au Royaume-Uni, en Union européenne et en Irlande, des blocages temporaires de Grok en Indonésie, en Malaisie et aux Philippines, ainsi que plusieurs poursuites judiciaires, dont celle d’une élue britannique qui accuse directement l’entreprise d’avoir fait un choix de conception plutôt que d’avoir simplement laissé la porte ouverte à un mauvais usage.
Face à l’ampleur du problème, Resemble AI a aussi lancé un nouvel outil de détection, DETECT-World, conçu pour repérer les contenus truqués même lorsqu’ils proviennent de générateurs d’IA jamais vus auparavant — une façon de reprendre un peu de terrain sur une technologie qui évolue plus vite que les moyens de la contrôler.
Pourquoi ça vous concerne : que vous soyez actif sur les réseaux sociaux ou simplement curieux de savoir jusqu’où l’IA générative peut être détournée, cette histoire rappelle qu’une image ou une vidéo, aussi convaincante soit-elle, ne prouve plus rien par elle-même en 2026 — et que la personne qu’on y voit n’a peut-être jamais donné son accord.



