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Bianca Andreescu avait honte d’aller à l’école avec son sac de raquettes — un mois plus tard, elle dominait Serena Williams pour son premier titre du Grand Chelem

Le vrai visage de Bianca Andreescu : pas seulement une championne du Grand Chelem, mais la reine des recommencements

En 2019, Bianca Andreescu est devenue, à 19 ans, la première Canadienne de l’histoire à remporter un titre du Grand Chelem en simple. En 2026, à 26 ans, elle a entamé la saison hors du top 200 mondial et a dû repartir du circuit ITF pour se refaire un chemin. Entre les deux : une carrière d’ascension fulgurante suivie d’un cycle presque ininterrompu de blessures — et une détermination qui, à elle seule, mérite d’être racontée.

Enfant, elle avait honte de son propre sac de tennis

Née le 16 juin 2000 à Mississauga, en Ontario, de parents roumains, Bianca a commencé le tennis à sept ans, alors que sa famille vivait temporairement à Pitești, en Roumanie, sous la tutelle de l’entraîneur Gabriel Hristache. De retour au Canada, adolescente, son horaire était si exigeant qu’elle ne fréquentait l’école que deux ou trois heures par jour, s’entraînant jusqu’à quatre fois quotidiennement. Dans une interview accordée en 2023 au magazine roumain Gazeta Sporturilor, relayée depuis par plusieurs médias tennis, elle racontait : « J’avais honte d’aller à l’école. Je devais apporter le sac avec les raquettes, et certains enfants me demandaient pourquoi je faisais cela, ils se moquaient de moi. »

Ses parents ont pris d’énormes sacrifices financiers pour son rêve

« Mes parents ont fait beaucoup de sacrifices pour moi. Ils ont pris beaucoup de congés. C’est un gros sacrifice », a rappelé Bianca. Ce n’est qu’à 13 ou 14 ans, dit-elle, qu’elle a vraiment pris conscience de l’ampleur de ce que sa famille avait mis de côté pour lui permettre de poursuivre sa carrière.

Enfant, elle regardait l’Omnium canadien en rêvant d’y jouer un jour — puis elle l’a remporté

Bianca a raconté avoir dit un jour à son père, en regardant l’Omnium Banque Nationale (alors la Coupe Rogers) : « Un jour, je jouerai là-bas. » En 2019, à seulement sa deuxième participation au tableau principal du tournoi, elle devient la première Canadienne depuis 1969 à le remporter — après avoir éliminé sa compatriote Eugenie Bouchard ainsi que les 5e et 3e mondiales. En finale, elle menait 3-1 dans le premier set face à Serena Williams lorsque celle-ci a dû abandonner, en larmes, à cause de spasmes au dos.

Quelques semaines plus tard, elle battait réellement Serena Williams — pour le titre le plus important du tennis

Moins d’un mois après leur rencontre inachevée de Toronto, Andreescu affronte de nouveau Serena Williams, cette fois en finale de l’US Open 2019 — un match complet, disputé jusqu’au bout. Elle l’emporte 6-3, 7-5, devenant la première joueuse née dans les années 2000 à remporter un tournoi du Grand Chelem — et la toute première Canadienne, homme ou femme, à soulever un titre en simple dans un Majeur.

La même année, elle a reçu les deux plus grands honneurs du sport canadien

En 2019, en plus de son titre à l’US Open, Bianca reçoit le trophée Lou Marsh, remis à l’athlète canadien de l’année tous sports confondus — un choix unanime d’un panel de journalistes sportifs, et une première pour un joueur ou une joueuse de tennis. Elle est également désignée recrue de l’année de la WTA, devançant notamment Coco Gauff — un doublé rarissime pour une athlète d’à peine 19 ans.

Depuis, sa carrière est devenue un cycle presque ininterrompu de blessures et de retours

Après son sacre de 2019, les blessures se sont accumulées : une blessure au genou (déchirure du ménisque) qui l’a tenue éloignée des courts pendant toute la saison 2020, puis une succession de pépins physiques entre 2021 et 2023. À cela s’est ajoutée une pause complète en 2022 pour se concentrer sur sa santé mentale. En août 2023 survient une fracture de stress au dos, qui entraîne une absence d’environ dix mois. Une nouvelle interruption, d’environ neuf mois, la tient ensuite éloignée des courts entre octobre 2024 et avril 2025. Un article de La Presse a résumé sa carrière récente en une formule frappante : « l’éternel recommencement ».

En 2026, elle a joué le match le plus long — et le plus dur — de toute sa carrière

En avril 2026, lors des éliminatoires de la Coupe Billie Jean King à Astana, Andreescu dispute d’abord un match de double d’1 h 47 aux côtés de Kayla Cross, perdu 7-5, 6-1. Elle enchaîne presque aussitôt avec un match en simple contre la Kazakhe Yulia Putintseva, qui dure 3 h 39 — le plus long match jamais joué par l’Ontarienne, et selon la fédération kazakhe le plus long de la carrière professionnelle des deux joueuses. Andreescu s’incline 7-6(5), 3-6, 7-6(4). « C’est le match le plus fou et difficile que j’ai joué. Et mon corps a survécu. J’ai eu mal pendant deux ou trois jours après, mais c’est tout », a-t-elle confié, visiblement soulagée.

Elle a commencé 2026 hors du top 200… puis est repartie de zéro, au niveau ITF

Après avoir entamé la saison 2026 au 228e rang mondial, hors du top 200, Andreescu a choisi de redescendre volontairement au niveau ITF (aujourd’hui World Tennis Tour), le circuit juste sous les tournois WTA principaux. Ce pari s’est avéré payant : elle y remporte 13 de ses 14 matchs et décroche deux titres, à Bradenton puis à Vero Beach, avant de retrouver progressivement le circuit WTA principal dès le mois de mars, à Indian Wells. Sa remontée s’est poursuivie tout au long de l’année, la ramenant à l’intérieur du top 200 dès le printemps.

Elle a retrouvé le tableau principal d’un Grand Chelem — en passant par les qualifications

À Wimbledon 2026, Andreescu obtient sa première place dans le tableau principal d’un Majeur depuis l’US Open 2024, après avoir remporté trois matchs de qualification consécutifs pour s’y tailler une place, dont une victoire contre Aliaksandra Sasnovich. Un moment visiblement chargé d’émotion pour la joueuse, largement partagé sur les réseaux sociaux du tournoi. « Ça semble être un rêve devenu réalité, honnêtement », a-t-elle confié après coup.

Elle admet avoir longtemps vécu dans la peur — mais dit maintenant faire confiance à son corps

Après tant d’années marquées par les blessures et leur impact sur sa santé mentale, Andreescu confie avoir vécu longtemps avec une « peur sous-jacente » de se blesser à nouveau. Aujourd’hui, dit-elle, cette peur appartient au passé : elle affirme faire réellement confiance à son corps, pour la première fois depuis longtemps.

De la fillette gênée de porter son sac de raquettes à l’école jusqu’à la joueuse qui a fait tomber Serena Williams en finale de l’US Open, en passant par un cycle de blessures qu’elle refuse obstinément de laisser avoir le dernier mot, Bianca Andreescu raconte peut-être la plus belle leçon de résilience du sport canadien récent — bien plus précieuse, à sa façon, que n’importe quel trophée du Grand Chelem.

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