Au Marché Bonsecours, dans le Vieux-Montréal, la Grande Braderie de mode québécoise se poursuit jusqu’à demain, dimanche. Depuis jeudi, des dizaines de designers d’ici y proposent échantillons et surplus d’inventaire à prix réduits. L’événement, gratuit, offre aussi un aperçu de la santé de la mode locale, à l’heure où les entreprises du secteur composent avec un contexte économique incertain.
Un événement né en 1994
La Braderie existe depuis 1994 et se tient deux fois par année à Montréal, au printemps et à l’automne. Selon Tourisme Montréal, elle attire plus de 30 000 personnes en quatre jours et réunit habituellement entre 80 et 150 designers par édition. Les rabais peuvent atteindre 80 %. Vêtements, manteaux, chaussures, bijoux et accessoires permettent de découvrir des créateurs québécois et de les rencontrer directement.
Le principe est simple : réunir créateurs et consommateurs au même endroit. Les marques y écoulent échantillons et surplus d’inventaire, tout en faisant connaître leurs collections. Le public y trouve des créations locales à prix réduit.
La mission de l’organisation dépasse la seule question des aubaines. Elle vise aussi à faire reconnaître la valeur du savoir-faire québécois, de la conception à l’assemblage et à la mise en marché.
Une organisatrice convaincue
L’événement est porté par la designer Anne de Shalla, qui défend la mode d’ici depuis de nombreuses années. Pour l’édition tenue à Gatineau les 9 et 10 octobre, elle rappelait que, dans le contexte économique actuel, il est plus important que jamais de se serrer les coudes et de faire vivre les entreprises québécoises.
Le message prend un relief particulier cet automne. Les entreprises qui fabriquent au Québec et exportent vers les États-Unis doivent composer avec l’incertitude liée aux tarifs américains. En septembre, la Semaine Mode de Montréal avait elle aussi insisté sur l’importance de soutenir les créateurs et les fabricants locaux.
Pas une réponse aux tarifs, mais un geste concret
Il faut mesurer ce que la Braderie peut accomplir. Elle ne règle pas les difficultés d’exportation des entreprises touchées par les barrières tarifaires et ne remplace pas les mesures de soutien dont certaines ont besoin.
Elle offre toutefois un contact direct avec le public, une source de revenus pour les entreprises participantes et une occasion de faire connaître leurs créations. Pour les consommateurs, c’est une façon concrète d’acheter québécois sans attendre que les tensions commerciales se dissipent.
La tournée se poursuivra à Québec du 5 au 7 novembre, au centre commercial Fleur de Lys, avant le retour de la Braderie à Montréal en avril 2027. Pour celles et ceux qui ne peuvent s’y rendre, la boutique en ligne est ouverte en tout temps, avec livraison gratuite au Québec à partir de 100 $.



