La haute couture peut-elle se faire avec du papier de toilette? Pour la 23e année consécutive, seize designers canadiens ont relevé le défi, et trois d’entre eux, établis au Québec, étaient à l’honneur le 14 octobre à la Maison Rose, à Montréal, lors d’une soirée présentée en partenariat avec la Fondation du cancer du sein du Québec (FCSQ).
Un défi créatif au service d’une cause
La Collection Cashmere est une initiative de Produits Kruger, fabricant du papier hygiénique du même nom, que l’entreprise dit fabriquer au Québec. Chaque année, des designers émergents et établis transforment ce produit du quotidien en pièces de couture uniques, autour d’un thème. Celui de 2026 est « Symphonie ». Les trois créateurs québécois mis de l’avant à Montréal sont Antoinette Di Carlo, Oscar Mendoza et Claudette Floyd.
La soirée comprenait des allocutions de Susan Irving, directrice du marketing chez Kruger, et de Karine-Iseult Ippersiel, présidente-directrice générale de la FCSQ, puis une discussion animée par la chroniqueuse mode Lolitta Dandoy, elle-même survivante du cancer du sein. Les designers y ont parlé de leurs sources d’inspiration, de leur lecture du thème et de l’influence du Québec sur leur travail.
Comment ça rapporte
Le mécanisme de financement repose sur deux volets. Le public peut voter une fois par jour, jusqu’au 15 novembre, pour sa création préférée sur le site de la Collection : pour chaque vote, Cashmere verse 1 $ à la cause du cancer du sein, jusqu’à concurrence de 100 000 $. À cela s’ajoute 1 $ pour chaque paquet de papier Cashmere portant une mention spéciale et un ruban rose, jusqu’à un autre plafond de 100 000 $. Les dons sont versés par l’intermédiaire de la Société canadienne du cancer et de la Fondation du cancer du sein du Québec. Les personnes qui votent peuvent aussi tenter de remporter un grand prix de 5 000 $. La création gagnante sera dévoilée le 18 novembre 2026.
Kruger affirme que la Collection a permis d’amasser, depuis 2004, plus de 5,6 millions de dollars pour des programmes de sensibilisation, de recherche et d’aide communautaire.
Ce qu’il faut en penser
Il s’agit d’abord d’une opération de marketing d’entreprise, et les informations sur la soirée proviennent du communiqué de Kruger. L’événement n’en reste pas moins un exemple durable du lien entre mode et philanthropie au pays : l’initiative est un tremplin pour des créateurs qui cherchent une visibilité, et ses plafonds de dons, fixes et publics, permettent d’évaluer son ampleur. Le public doit toutefois savoir que ces plafonds limitent le don que ces votes et achats peuvent générer cette année, soit 200 000 $ au maximum pour les deux volets combinés. Le montant réellement versé dépendra des résultats de la campagne, et Kruger n’a pas encore indiqué de bilan pour 2026.
Pour la mode québécoise, c’est aussi un rappel que la visibilité des créateurs passe, parfois, par des partenaires inattendus. À l’approche de la saison des galas, mmode, la Grappe métropolitaine de mode, accepte pour sa part les candidatures aux prix de son gala, prévu le 7 décembre, jusqu’au 13 novembre.







