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Montréal : les PME étranglées par la fiscalité, les locaux commerciaux se vident, alerte la FCEI

À l’approche du budget municipal de 2027, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante et l’Association des SDC de Montréal alertent sur la dégradation de l’environnement d’affaires. Entre recul du nombre d’entreprises, multiplication des locaux vacants et alourdissement des taxes, les organisations réclament un changement de cap à l’administration municipale.

Un an après les élections municipales, le bilan dressé par les représentants du milieu des affaires montréalais soulève des inquiétudes. Le recul du nombre d’entreprises, la progression des locaux commerciaux inoccupés et la pression fiscale croissante placent les petites et moyennes entreprises (PME) dans une situation de plus en plus difficile.

Dans un communiqué publié lundi 2 novembre, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) et l’Association des sociétés de développement commercial de Montréal (ASDCM) interpellent l’administration de la mairesse Martinez Ferrada. Leur demande : faire de la vitalité économique et de la survie des commerces une priorité du prochain budget municipal.

Les chiffres avancés par les deux organisations illustrent l’ampleur des difficultés. En décembre 2024, l’agglomération montréalaise comptait 64 224 établissements d’affaires avec employés, soit 425 de moins qu’un an auparavant. Les plus petites structures, celles comptant entre un et quatre employés, ont été particulièrement touchées, avec un recul de 1,5 %.

Les faillites témoignent également des tensions persistantes. Si leur nombre est passé de 820 en 2024 à 602 en 2025, il demeure supérieur de près de 60 % au niveau enregistré en 2021, lorsque 382 entreprises avaient fait faillite.

Des espaces commerciaux et industriels de plus en plus difficiles à louer

À cette fragilisation du tissu entrepreneurial s’ajoute la progression des espaces inoccupés. Au centre-ville, le taux de vacance des bureaux atteignait 16,8 % au troisième trimestre de 2026, contre 7,6 % en 2019.

La situation est également préoccupante dans les autres secteurs de l’île. Entre 2019 et 2024, le taux d’inoccupation des bureaux est passé de 15,7 % à 23,5 % dans la couronne centrale et de 15,4 % à 22,4 % dans l’Est de Montréal.

Le marché industriel n’échappe pas à cette tendance. Dans la couronne centrale, le taux d’inoccupation des espaces industriels a progressé de 2,6 % à 3,6 % entre les troisièmes trimestres de 2025 et de 2026, soit une augmentation d’environ 40 %.

Pour les associations, ces indicateurs traduisent les difficultés auxquelles font face les entreprises pour maintenir leurs activités et investir dans leurs établissements. La multiplication des locaux vacants risque également d’affecter l’animation et l’attractivité des artères commerciales.

La fiscalité municipale au cœur des préoccupations

La question des taxes constitue toutefois le principal point de friction entre les représentants des PME et l’administration municipale.

Au centre-ville, une augmentation de 10 % de la taxe locale de Ville-Marie a été annoncée pour 2027, après une hausse de 3 % en 2026. À l’échelle montréalaise, les immeubles non résidentiels ont déjà subi une augmentation de 3,4 % de leur taxation en 2026. Les taxes locales des arrondissements devraient, quant à elles, progresser de près de 9 % en moyenne en 2027.

La FCEI souligne par ailleurs le déséquilibre entre la contribution fiscale des immeubles commerciaux et leur poids dans l’évaluation foncière municipale. En 2025, les immeubles non résidentiels représentaient 17 % de la valeur foncière, mais assumaient 51,1 % des taxes foncières.

Le ratio de taxation de Montréal, établi à 4,44, est également supérieur à ceux observés sur la Rive-Nord (3,52) et la Rive-Sud (3,83).

« Les PME ne peuvent plus servir de guichet automatique pour les recettes de la Ville », estime Vincent Pâquet, directeur pour le Québec à la FCEI. Selon lui, les entrepreneurs avaient notamment retenu de la campagne municipale la promesse de limiter les augmentations de taxes et de mieux tenir compte de leurs préoccupations.

Le coût du gouvernement local inquiète les entrepreneurs

Les résultats d’un sondage réalisé en 2026 auprès de 878 propriétaires de PME montréalaises viennent appuyer ces préoccupations.

Le fardeau fiscal total figure parmi les principales inquiétudes de 76 % des répondants. La réglementation et les formalités administratives arrivent en deuxième position, citées par 62 % des entrepreneurs, devant la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, qui préoccupe 55 % d’entre eux.

Près d’un entrepreneur sur deux (49 %) exprime également des inquiétudes concernant le coût du gouvernement local.

Pour Sébastien Ridoin, directeur général de l’ASDCM, la pression fiscale et la complexité administrative réduisent les capacités d’investissement des commerces et fragilisent les quartiers.

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