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Centre de crise de Québec : la bataille du siège qui fait exploser la gouvernance

Le conflit ne porte ni sur les salaires ni sur les horaires. Au Centre de crise de Québec, la rupture s’est cristallisée autour d’une chaise. Une seule. Celle réservée depuis plus de trente ans à un représentant des employés au conseil d’administration.

Selon le Syndicat canadien de la fonction publique, la direction veut abolir immédiatement ce siège dans le cadre des négociations de la convention collective des quelque 50 employés de l’organisme communautaire spécialisé en santé mentale d’urgence. Une décision qui a déclenché une profonde crise interne et fait dérailler les discussions depuis près d’un an.

Le dernier contrat de travail est échu depuis mars 2025. En décembre, une entente de principe a été massivement rejetée par les salariés. Motif principal : la disparition de leur voix au sein du conseil d’administration.

« Avec un siège sur neuf, les employés ne contrôlent rien. Ils veulent simplement être entendus », affirme Stéphanie Watters, présidente de la section locale 5347 du SCFP.

Le syndicat soutient avoir proposé un compromis : maintenir temporairement la représentation des travailleurs avant une éventuelle transition vers un comité consultatif. La direction aurait refusé, exigeant le retrait immédiat de la disposition.

Derrière cette bataille de gouvernance se profile un malaise plus large dans le milieu communautaire québécois. Les employés du Centre de crise — principalement des intervenants psychosociaux — accepteraient des conditions inférieures à celles du réseau public afin d’assurer des services à une clientèle vulnérable. Mais plusieurs disent désormais craindre d’être exclus des décisions qui touchent directement le terrain.

Le Centre de crise de Québec intervient auprès de personnes vivant des épisodes aigus de détresse psychologique afin d’éviter l’hospitalisation ou l’aggravation des crises. Or, le bras de fer actuel fait craindre une détérioration du climat de travail dans un secteur déjà fragilisé par la pénurie et l’épuisement professionnel.

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