Le débat sur l’encadrement de l’intelligence artificielle s’intensifie aux Etats-Unis. L’ancien président Barack Obama et l’ex-vice-présidente Kamala Harris ont appelé lundi le gouvernement fédéral à intervenir davantage, alors que plusieurs dirigeants du secteur technologique plaident pour un ralentissement du développement des systèmes d’IA les plus avancés.
Barack Obama a estimé que Washington devait adopter rapidement des lois et des règles pour répondre aux risques liés à l’IA, notamment pour l’emploi, les enfants et la sécurité. Il a également défendu une répartition plus large des bénéfices de cette technologie. Selon lui, l’IA pourrait accélérer des progrès dans la médecine, l’énergie ou l’éducation, mais aussi provoquer de fortes perturbations économiques, davantage d’inégalités et des risques majeurs.
Kamala Harris s’est prononcée pour un ralentissement du développement de l’IA de pointe afin de laisser aux autorités le temps d’adapter la réglementation. Elle propose notamment la création d’une agence fédérale de surveillance et appelle à un traité international, notamment avec la Chine, pour encadrer les usages dangereux et établir des normes communes de sécurité.
Cette position contraste avec celle du président Donald Trump, qui rejette les appels à un ralentissement. Il a dénoncé sur les réseaux sociaux une « conspiration » visant l’IA et les centres de données, tout en affirmant que les Etats-Unis devaient rester compétitifs face à la Chine.
Le débat intervient après l’appel du patron d’Anthropic, Dario Amodei, à ralentir le développement de l’IA face aux risques potentiels pour l’humanité. L’ancien secrétaire aux Transports Pete Buttigieg réclame lui aussi des règles, des limites et un mécanisme permettant de désactiver une IA devenue incontrôlable.
Alors que la présidentielle américaine de 2028 se profile, l’intelligence artificielle s’impose ainsi comme un nouvel enjeu politique majeur, opposant partisans d’une accélération technologique et défenseurs d’un encadrement renforcé.



