Le Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé a promis vendredi, devant l’Assemblée générale de l’ONU, de renforcer les forces nationales pour reprendre progressivement le contrôle du territoire aux groupes armés, tout en demandant à la communauté internationale de maintenir son soutien à Haïti.
« La sécurité d’Haïti, à terme, doit reposer sur les capacités de l’État haïtien », a déclaré le chef du gouvernement lors de la 81e session de l’Assemblée générale. Il a indiqué que plus de 2 000 policiers avaient déjà été formés dans le cadre du programme P4000, sur un objectif de 4 000, tandis que plus de 1 500 nouveaux soldats avaient rejoint les forces armées. Le gouvernement prévoit également de former 15 000 soldats supplémentaires sur trois ans.
Mais cette montée en puissance nationale ne dispense pas, selon lui, d’un appui international. M. Fils-Aimé a réclamé le renouvellement et le déploiement complet de la Force de répression des gangs (FRG), dont l’effectif prévu atteint 5 500 membres. Il a regretté que cette force ne dispose toujours pas de l’ensemble des effectifs prévus.
Le Premier ministre a également dénoncé les réseaux internationaux d’approvisionnement en armes des groupes criminels, appelant à renforcer la lutte contre les trafics transfrontaliers.
Sur le plan politique, il a réaffirmé la volonté de son gouvernement d’organiser des élections et de permettre aux Haïtiens de choisir leurs dirigeants. L’ONU a rapporté son appel à permettre à la population de retrouver la sécurité, de rentrer chez elle et de voter librement.
La violence des groupes armés continue de provoquer déplacements de population et perturbations économiques dans le pays. À New York, le chef du gouvernement a ainsi défendu une stratégie articulant sécurité, justice, renforcement des institutions et retour à l’ordre constitutionnel.
Il a parallèlement appelé les partenaires internationaux à faire évoluer leur relation avec Haïti, en privilégiant progressivement l’investissement, la production et les échanges plutôt que la seule aide humanitaire.



