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L’égalité femmes-hommes améliore les performances des entreprises, mais les engagements reculent

Malgré les bénéfices économiques associés à la diversité et à la présence des femmes aux postes de direction, les entreprises peinent à transformer leurs engagements en mesures concrètes. Un rapport de l’Organisation internationale du Travail (OIT) met en lumière cette contradiction.

L’égalité entre les femmes et les hommes ne relève pas uniquement d’un impératif social. Elle constitue également un facteur de performance économique pour les entreprises. Pourtant, alors que les femmes progressent dans les instances dirigeantes, plusieurs mesures destinées à favoriser leur accès aux responsabilités et leur maintien dans l’emploi perdent du terrain.

C’est l’un des principaux constats d’un rapport de l’Organisation internationale du Travail (OIT), publié le 3 novembre 2026 sous le titre Les femmes dans les entreprises et le management : amplifier la réussite.

L’étude, fondée notamment sur une enquête menée en 2025 auprès de 11 957 entreprises dans 99 pays, révèle que près de 70 % des entreprises interrogées estiment que leurs initiatives en matière d’égalité entre les genres et de diversité ont contribué à améliorer leurs résultats économiques. Cette proportion représente une progression de plus de 11 points de pourcentage par rapport à 2018.

Les données montrent également que les entreprises ayant constaté une augmentation de leurs bénéfices grâce à une plus grande présence des femmes dans les postes de direction affichent, dans 87,4 % des cas, une hausse d’au moins 5 % de leurs profits.

La représentation des femmes dans les fonctions dirigeantes a, elle aussi, progressé au cours des dernières années. Entre 2013 et 2025, la proportion d’entreprises présidées par une femme est passée de 13,1 % à 30,1 %. Celle des entreprises ayant une femme à leur direction générale est passée de 23,5 % à 28,2 %.

Ces avancées restent toutefois inégales. Les femmes occupent encore environ un tiers des postes d’encadrement et de management. Si leur présence s’est renforcée au sommet des organisations, elle a diminué dans les postes d’encadrement intermédiaire et de premier niveau, qui constituent souvent des étapes essentielles vers les fonctions de haute direction.

Des politiques affichées, mais peu appliquées

Le rapport met surtout en évidence un décalage entre les engagements publics des entreprises et leur mise en œuvre.

En 2025, près des trois quarts des entreprises interrogées, soit 74,8 %, déclaraient disposer d’une politique d’égalité entre les genres et de diversité ou d’un dispositif équivalent. Pourtant, seules 26,5 % avaient effectivement appliqué de telles mesures, contre 37,4 % en 2018.

Ce recul touche notamment des initiatives que les entreprises considèrent elles-mêmes comme particulièrement efficaces : les congés de maternité, les programmes de soutien aux femmes et les dispositifs visant à réduire les écarts de rémunération.

Pour l’OIT, cette contradiction est d’autant plus préoccupante que les femmes ont considérablement progressé dans le domaine de l’éducation. Elles sont désormais plus nombreuses que les hommes à poursuivre des études supérieures, mais demeurent moins présentes dans plusieurs secteurs et fonctions qui permettent d’accéder aux postes les plus élevés.

« À une époque où les entreprises se disputent les compétences et les talents, laisser inexploité le potentiel des femmes n’a guère de sens sur le plan économique », estime Maria Paz Anzorreguy, directrice du Bureau des activités pour les employeurs de l’OIT.

Les obstacles persistent dans le monde du travail

Pour inverser cette tendance, l’organisation préconise notamment d’élargir les possibilités d’accès des femmes aux postes à responsabilité, de faciliter leur intégration dans les secteurs où elles restent sous-représentées et de mieux mesurer les progrès réalisés.

Elle recommande également le recours à des indicateurs liés à l’égalité entre les genres et à des objectifs volontaires permettant aux entreprises d’évaluer leurs résultats.

Mais les obstacles ne se limitent pas aux politiques internes des organisations. La répartition inégale des responsabilités familiales et des tâches de soins, la concentration des femmes dans certains métiers et la persistance de normes sociales discriminatoires continuent de freiner leur progression professionnelle.

L’expérience de certaines entreprises illustre pourtant les avantages d’une politique fondée sur l’équité. Rosemarie P. Rafael, fondatrice et présidente d’Airspeed, une entreprise de logistique établie aux Philippines, estime qu’un environnement professionnel équitable constitue un moyen d’attirer et de retenir les meilleurs talents.

Selon elle, l’égalité dans le recrutement, les promotions et les rémunérations bénéficie à l’ensemble des employés, hommes comme femmes.

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