Le gouvernement fédéral entend s’attaquer à la crise de l’itinérance en combinant aide financière, construction de logements et accès aux soins. Présenté à Iqaluit, ce plan de près de 30 milliards de dollars constitue l’un des engagements majeurs du Budget de 2026.
Le gouvernement canadien affiche une ambition considérable : mettre fin à l’itinérance au pays au cours des dix prochaines années. La ministre des Services aux Autochtones, Mandy Gull-Masty, accompagnée de la députée du Nunavut, Lori Idlout, a présenté samedi à Iqaluit les grandes lignes de cette stratégie, dotée d’une enveloppe de près de 30 milliards de dollars dans le cadre du Budget de 2026.
Au-delà de l’aide d’urgence, Ottawa entend s’attaquer aux causes structurelles de l’itinérance en articulant son intervention autour de trois priorités : l’accompagnement des personnes vulnérables, l’accès à un logement abordable et l’intégration des services de santé.
Le premier volet prévoit notamment 5,5 milliards de dollars pour renouveler l’Allocation canadienne pour le logement. Cette aide mensuelle doit permettre aux ménages à faibles revenus, notamment aux victimes de violence fondée sur le sexe, de payer leur loyer et d’éviter de perdre leur domicile.
Une enveloppe supplémentaire de 6,5 milliards sera consacrée au renouvellement et au renforcement de la stratégie Vers un chez-soi. Elle financera des initiatives communautaires destinées à prévenir l’itinérance, à faciliter l’accès aux refuges et à accompagner les personnes vers un emploi et un logement permanent.
25 000 logements supervisés et de transition
Le deuxième axe repose sur l’augmentation de l’offre de logements. Ottawa prévoit d’investir 10 milliards de dollars par l’intermédiaire de Maisons Canada pour soutenir la création d’environ 25 000 logements supervisés et de transition à travers le pays. Les provinces et les territoires devront, pour leur part, prendre en charge les coûts d’exploitation et les services destinés aux résidents.
Le gouvernement veut également rapprocher logement et santé. Un nouveau Fonds de soutien intégré, doté de 5 milliards de dollars, doit financer des établissements réunissant sous un même toit hébergement, soins médicaux, santé mentale, traitement des dépendances et services sociaux.
Cette approche s’inspire notamment de l’expérience de Dunn House, à Toronto, où le nombre de visites aux urgences des résidents aurait diminué de moitié. Deux milliards de dollars supplémentaires sont prévus pour construire ou moderniser des infrastructures communautaires consacrées à la santé mentale et au traitement des dépendances.
Le Nunavut au cœur des investissements
L’annonce revêt une importance particulière pour le Nunavut, où les difficultés d’accès à des logements sûrs et abordables pèsent lourdement sur les familles et les collectivités.
À Iqaluit, les investissements fédéraux doivent notamment permettre de moderniser les infrastructures d’approvisionnement en eau et de traitement des eaux usées, notamment les réseaux de distribution par conduites aériennes et les services d’approvisionnement par camion. Ottawa estime que ces travaux pourraient faciliter la construction de 2 000 à 2 500 nouveaux logements d’ici 2031.
« Les solutions durables ne se limitent pas au seul logement », a souligné Mandy Gull-Masty, insistant sur la nécessité de réunir hébergement, soins de santé et accompagnement social.
La députée Lori Idlout a, de son côté, plaidé pour des logements adaptés aux réalités du Nord et aux priorités des communautés inuites.


