Parfois, une nouvelle technologique suffit à faire trembler les marchés financiers du monde entier. C’est exactement ce qui s’est passé cette semaine : la Bourse de Séoul a dégringolé de plus de 18 % en quelques jours, entraînant dans sa chute les indices technologiques de la planète.
En cause : une entreprise chinoise, Shanghai Yuliangsheng, vient de commencer à produire industriellement des machines de lithographie par immersion — la technologie qui permet de graver les circuits miniatures à l’intérieur des puces électroniques qui font fonctionner à peu près tout, de votre cellulaire aux serveurs d’intelligence artificielle. Jusqu’ici, cette technologie était pratiquement l’exclusivité d’une seule entreprise au monde : la néerlandaise ASML.
Pourquoi c’est un choc ? Parce que Pékin devait, jusqu’à maintenant, acheter ces machines à l’étranger — un vrai talon d’Achille que l’Occident pouvait menacer de couper à tout moment. Selon Paul-Vahé Cicek, professeur en microélectronique à l’UQAM, la Chine vient de faire disparaître ce moyen de pression : elle n’a plus besoin de personne pour ça. Le professeur qualifie même la nouvelle de plus géopolitique que technologique, tant la progression chinoise dans ce domaine était prévisible depuis dix ans.
Au même moment, une autre bombe a explosé sur les marchés : le fabricant chinois de puces mémoires CXMT a vu son action bondir de 500 % dès sa première journée en Bourse à Shanghai, devenant la plus grosse capitalisation boursière de Chine continentale. Comme les puces mémoires représentent environ 30 % des revenus du géant sud-coréen Samsung, cette arrivée soudaine explique en bonne partie la chute des marchés coréens.
Pourquoi ça vous concerne : ces puces se retrouvent dans absolument tous vos appareils électroniques, et cette course où la Chine rattrape l’Occident plus vite que prévu pourrait redessiner qui contrôle les prix — et la fabrication — de la technologie que vous utilisez chaque jour.


