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Quatorze jours avant le vote, deux scènes politiques en parallèle

Lundi, les députés fédéraux font leur rentrée à Ottawa, tandis qu’au Québec la campagne entre dans ses 14 derniers jours avant le scrutin du 5 octobre.

Rentrée à Ottawa : plusieurs dossiers au menu

Le premier ministre Mark Carney a annoncé le dépôt d’une « Loi pour un Canada plus fort », qui vise à accélérer l’approbation des projets fédéraux. Le gouvernement doit aussi présenter un projet de loi pour prolonger l’allègement de la taxe d’accise sur l’essence et le diesel, instauré à la suite de la hausse des prix du pétrole liée au conflit en Iran et au détroit d’Ormuz. Les conservateurs réclament par ailleurs un débat sur l’alliance du Canada avec l’Union européenne. Le budget fédéral, dont la date n’est pas fixée, sera aussi à surveiller.

Terrebonne : les motifs de la Cour suprême

La Cour suprême a dévoilé vendredi ses motifs dans l’affaire de Terrebonne. Elle avait annulé le 13 février, par six voix contre trois, l’élection fédérale de 2025, remportée par une seule voix par la libérale Tatiana Auguste. Un employé d’Élections Canada avait inscrit un mauvais code postal sur des enveloppes de retour de bulletins spéciaux, et une électrice avait reçu son vote par retour du courrier. La Cour a jugé que cette irrégularité avait influé sur le résultat. Mme Auguste a été réélue à l’élection partielle du 13 avril, par quelques centaines de voix.

Fonction publique : quatre partis sur cinq veulent couper

  • À l’exception de Québec solidaire, les principaux partis québécois proposent de réduire la taille de l’appareil gouvernemental, mais leurs cibles et leurs méthodes varient fortement. La Coalition avenir Québec (CAQ) prévoit la suppression d’environ 2 900 postes de fonctionnaires, une mesure qui doit permettre, selon le parti, de réaliser 507 millions de dollars d’économies sur cinq ans. Le Parti libéral du Québec (PLQ) vise une réduction plus importante, avec environ 12 000 équivalents temps complet sur cinq ans. Le parti mise principalement sur l’attrition et les départs volontaires et estime les économies à 1,7 milliard de dollars par année à terme. Le Parti québécois (PQ) avance pour sa part un objectif de 6,3 milliards de dollars d’économies sur cinq ans dans les dépenses liées à la bureaucratie, selon Radio-Canada, contre 6,6 milliards, selon TVA Nouvelles. Le parti entend notamment agir par l’attrition et le gel des embauches. Le Parti conservateur du Québec (PCQ) propose de son côté de supprimer 20 000 postes de fonctionnaires, sans que le chiffre soit présenté de la même manière que les objectifs d’économies annoncés par les autres formations. Québec solidaire (QS) ne propose pas de réduction de la taille de l’État. Le parti privilégie plutôt de nouvelles sources de revenus pour financer ses engagements, notamment une taxe sur les fortunes de 25 millions de dollars et plus et une hausse de l’impôt à partir de 110 000 dollars de revenus.

Le syndicat SCFP-Québec doute que ces compressions puissent se faire sans toucher aux services.

Finances publiques : le cadre de la CAQ et l’avis de la vérificatrice

Le cadre financier de la CAQ prévoit un déficit de 7,7 milliards de dollars pour l’année en cours, puis de 5,7 milliards en 2027-2028, avec un retour à l’équilibre en 2029-2030. La vérificatrice générale juge ce cadre « plausible », mais estime que le trou pourrait atteindre 4,85 milliards en 2028-2029.

Logement : les propositions de QS et du PLQ

QS propose d’exiger la divulgation des offres d’achat reçues par les vendeurs et de mettre fin aux enchères à l’aveugle. Son cadre financier prévoit 11,8 milliards sur quatre ans pour le logement, dont la construction de 50 000 logements sociaux. Le PLQ promet de son côté 100 000 mises en chantier par année, un objectif que Radio-Canada juge peu réaliste au regard de la capacité de construction estimée par la SCHL.

Ce que disent les sondages

Un sondage Synopsis-La Presse montre Christine Fréchette et Paul St-Pierre Plamondon à égalité (24 % chacun) pour le titre de meilleur premier ministre, devant Charles Milliard (14 %), Éric Duhaime et Ruba Ghazal (10 % chacun). La chroniqueuse de La Presse y voit une tendance vers un gouvernement minoritaire.

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