À trois jours de la rentrée, le Collège LaSalle doit demander lundi à la Cour supérieure du Québec la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC), alors que son financement est menacé par des sanctions gouvernementales que sa direction évalue à près de 47 millions de dollars.
L’établissement privé subventionné affirme que cette situation met en péril la rentrée de quelque 3 000 étudiants et l’emploi de 421 enseignants et membres du personnel à Montréal et Laval. Les cours prévus le 27 août sont suspendus jusqu’à nouvel ordre.
La principale pénalité, évaluée à près de 30 millions de dollars, découle de dépassements des plafonds d’inscription dans des programmes offerts en anglais, prévus par la Loi 14. La direction affirme que les quotas ont été appliqués sans période de transition alors que certains étudiants étaient déjà inscrits et autorisés à suivre leur formation.
Le collège soutient également avoir répondu à une demande gouvernementale de favoriser la requalification professionnelle après la pandémie, notamment en augmentant ses inscriptions à des attestations d’études collégiales (AEC). Il affirme avoir demandé une période de transition de deux ans, sans l’obtenir.
À cette pénalité s’ajouterait une récupération de 17 millions de dollars liée à une révision rétroactive de l’allocation gouvernementale pour 2025-2026. L’établissement estime donc l’impact financier total à 47 millions.
La direction affirme avoir multiplié les propositions pour parvenir à une entente avec Québec, sans résultat jugé suffisant. Elle demande désormais à la première ministre Christine Fréchette d’intervenir pour éviter une rupture de services.
Le Collège LaSalle, fondé à Montréal en 1959, affirme être la plus importante institution collégiale privée du Québec. Sa direction estime que sa fermeture aurait également des conséquences économiques importantes, citant une étude évaluant à 120 millions de dollars son impact annuel sur le PIB québécois.
Le réseau international LCI Education, auquel appartient le collège, affirme pour sa part que ses 12 autres campus poursuivent normalement leurs activités.



